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liloulazuliflake

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DRARY DRARY et encore DRARY !!!des histoires,de l'amour et du sexe

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Les garçons ne jouent pas à la poupée

« – Pfff... je m'ennuie ! dit Seamus d'une voix traînante.

Il était assis mollement sur une chaise et observait le plafond avec abattement. C'était un samedi ordinaire mais leur sortie à Pré au Lard avait été annulée à cause de la pluie. Hermione était assise et lisait un livre pendant son temps libre mais honnêtement vous vous attendiez à quoi d'autre de la part de la jeune fille ? Ron et Néville jouaient une partie morose d'échec version sorcier. Avec Néville, pas très adroit de son état, la partie n'avait pas l'enjeu qu'elle aurait pu avoir avec un adversaire plus intéressant.

– Moi aussi, soupira Ron, la tête posée sur une de ses mains.

En face de lui, Néville hésitait à propos de son prochain coup. Pourtant il n'avait aucun souci à se faire : quelque soit sa décision, il allait perdre. Hermione soupira à son tour avant de refermer son livre.

– Je crois que je m'ennuie aussi. J'ai lu ce bouquin au moins cinq fois, ajouta–t–elle, en posant son livre d'Enchantement, 7ème année sur la table.

– Ca vous dirait de jouer à un jeu ? proposa Seamus, tout sourire, tandis qu'une idée germait dans son esprit.

Il regarda ses amis puis demanda :

– Où est Harry ?

– A la bibliothèque. Je ne sais pas pourquoi je ne l'ai pas accompagné. Il a dit qu'il allait terminer son devoir de potion. On doit le rendre demain. Franchement, il abuse, on avait deux semaines pour le faire ! s'exclama Hermione.

Ron leva les yeux, le visage pâle, tout à coup.

– Demain ? répéta–t–il tandis que son amie poussa un soupir exaspéré devant un tel manque de concentration et de préparation.

– De quel jeu parlais–tu ? s'enquit Néville alors qu'un de ses pions se faisait massacrer par un cavalier de Ron.

N'importe quoi pourvu qu'on le sauve d'une partie qu'il allait perdre, ça ne faisait aucun doute. Seamus bondit de sa chaise.

– Eh, Ron, où est le bouquin que Fred et Georges t'ont offert pour Noël ? demanda–t–il.

– Hum... je crois qu'il est dans notre dortoir. Pourquoi ?

Mais Seamus filait déjà comme une flèche dans les escaliers pour aller chercher le livre en question. Il revint un moment plus tard, l'ouvrage sous le bras : Amusez–vous grâce à nos terribles blagues. Edition Pro. Ils levèrent tous les yeux pour voir le sourire machiavélique de Seamus.

– Franchement, Seam, c'est tout ce que tu as trouvé pour ne plus t'ennuyer ? Des blagues ? demanda Hermione, irritée.

– Ouais, répondit–il, sans remords.

Il se jeta sur sa chaise et le groupe l'entoura. Il ouvrit le livre et parcourut les pages à la recherche de LA blague à faire.

– Hum... déjà fait... trop stupide... non... non.... marmonnait–il tandis qu'il survolait chaque page. Ah ah ! s'exclama–t–il enfin et tout le monde sursauta.

Il désigna l'une des pages avec excitation.

– Celle–là, dit–il avec un sourire. On pourrait la faire à Harry.

Ils se penchèrent pour lire plus en détail le tour qu'il voulait jouer à leur ami à la cicatrice.

Les Poupées Clones

Vous vous ennuyez et rêvez de rire un bon coup ? Et bien vous êtes arrivés au bon endroit ! Cette blague vous permettra de faire une poupée vaudou de la ou les personne(s) de votre choix. Le plus drôle ? QUOI QUE VOUS FASSIEZ AVEC LA POUPEE, cette ou ces personnes est (sont) obligée(s) de reproduire les mouvements de la poupée. Ça a l'air nul, dit comme ça ? Réfléchissez bien. C'est super marrant et vous avez la certitude d'humilier totalement cette (ces) personne(s). Amusez–vous bien !

Note : le sort pour ensorceler la poupée est « aclonis ». « Deforci » lève le sortilège.

– C'est vraiment barbare et humiliant ! s'écria Hermione.

– Exactement ! approuvèrent les autres, un sourire malicieux aux lèvres.

– Ah la la, Fred et Georges me manquent ! Je ne les remercierai jamais assez pour leurs « cadeaux » pleins d'attention, soupira Seamus.

Hermione paraissait encore un peu indécise mais finit par se ranger à l'avis général. Ils passèrent l'heure suivante à préparer la potion requise qui transformerait une poupée en la personne désirée. Ron se mit à rire puis prononça la formule suivie du nom de Harry. Peu après un « clone » apparut. La mixture se condensa jusqu'à ce qu'une petite poupée « Harry » se tienne debout vêtue d'un jean et d'une chemise rouge serrée au corps.

– C'est ce que porte Harry, aujourd'hui ? demanda Hermione en regardant la poupée « Barbie » qui ressemblait trait pour trait à son ami.

La ressemblance était si parfaite que la poupée possédait le même torse musclé que son modèle.

– Oui, répondit Seamus en hochant la tête.

Il réfléchit un instant en se tapotant le menton puis :

– Qui d'autre allons–nous ensorceler ? s'interrogea–t–il.

– Tu veux quelqu'un d'autre ? s'enquit Néville.

– Bien sûr, tu ne peux pas rigoler s'il n'y a qu'une seule poupée. Pas avec ce que j'ai en tête en tous cas, ajouta–t–il avec un soupçon de malice dans la voix.

– Bah, vous pouvez toujours compter sur Seamus pour en faire quelque chose de pervers, fit remarquer Hermione, les mains sur les hanches.

Elle était agenouillée près du chaudron parce qu'à part elle, personne n'était assez doué pour préparer la potion. Un des points négatifs quand vous êtes la meilleure élève de l'école : vous vous retrouvez embarquée dans ce genre d'histoire.

– Merci, dit Seamus en souriant. Je sais ! ajouta–t–il, en écarquillant les yeux.

Il se pencha au–dessus de la mixture, puis :

– Aclonis Draco Malfoy.

– Draco Malfoy? s'écrièrent–ils tous en c½ur.

– Bien sûr, dit–il comme si c'était une évidence.

Ils réfléchirent pendant quelques instants avant de reconnaître que c'était logique. S'ils voulaient jouer un tour à Harry, Malfoy devait être impliqué. Et puis qu'était Harry Potter sans Draco Malfoy ? Ils hochèrent tous la tête. Vraiment, ils étaient les meilleurs amis qu'on puisse espérer, n'est–ce pas ?

– Allez, les gars, on doit les réunir dans la même pièce ou endroit, souligna Seamus qui venait de lire cette partie.

Il se releva et sortit, le groupe sur ses talons.


--------------------------------------------------------------------------------

Harry venait tout juste de terminer son devoir de potion. Il souffla tandis qu'il frottait ses yeux fatigués. Il referma ses livres et balança son sac sur son épaule avant de quitter la bibliothèque. Et comme par hasard, le Destin voulut qu'il croisât Draco Malfoy sur son chemin.

– Génial, ça va nous faciliter la tâche, murmura Seamus tandis qu'ils les observaient depuis le bout du couloir.

Il se mit à glousser en mettant la poupée « Harry » en position.

Draco Malfoy marchait dans le couloir quand il vit Potter en face de lui. Et merde ! Mais bizarrement, il n'était pas d'humeur pour une confrontation et décida de continuer son chemin. Mais alors qu'il croisait l'autre garçon, le bras de Harry se tendit et lui donna un coup contre sa mâchoire.

– Putain ! Potter ! hurla Malfoy en tenant sa mâchoire douloureuse.

Il regarda sa main avant de la replacer contre son menton pour fixer Harry qui était près de lui. Mais Harry ouvrit de grands yeux tout en regardant sa main, incrédule.

– Mon Dieu. Malfoy... je ... franchement... ce n'était pas moi, enfin, je veux dire... marmonnait–il en secouant la tête.

– Laisse tomber, Potter. Et arrête de m'emmerder !

OOOOOOOOOO

– Eh, Seamus, passe–moi Malfoy, dit Ron en tendant la main vers la poupée jusqu'alors négligée.

OOOOOOOOOO

Et soudain, la jambe de Malfoy frappa si durement le dos de Harry que ce dernier tomba à genoux.

– Aïe ! Putain, Malfoy, ça fait mal ! C'est quoi ton problème ?

– Tais–toi, Potter ! Je n'ai rien fait ! Laisse–moi tranquille !

– C'est ce que j'essayais de faire !

OOOOOOOOOO

– Ooooh, donne–moi Malfoy, murmura Seamus avec un sourire diabolique. Il est temps de rigoler.

OOOOOOOOOO

– Ouh la ! cria Harry alors qu'il se retrouva plaqué contre le mur tout d'un coup.

OOOOOOOOOO

Seamus tenait la poupée contre le mur et donc le vrai Harry ne pouvait rien faire à part rester là où il était.

– Herm, tu peux m'aider à bouger leur tête ? demanda l'Irlandais.

Hermione, qui commençait sérieusement à s'amuser, accepta avec enthousiasme. Elle s'approcha des clones et se saisit de leur tête. Dans un mouvement brusque, Seamus avança la poupée Malfoy.

OOOOOOOOOO

– Ha ! Potter, t'es vraiment un... hé !

Une seconde plus tard, Malfoy, sans qu'il comprenne comment, était collé à Harry, quelques centimètres les séparant. Ils essayèrent tous les deux de se dégager mais c'était comme si une force invisible les maintenait en place. La tête de Malfoy se tourna de côté alors qu'il regardait Potter qui tourna lui aussi la tête. Ils n'avaient plus qu'à se pencher l'un vers l'autre.

– Potter, mais qu'est–ce que tu fais, bordel ?

– Qu'est–ce que je fais ? s'exclama Harry.

Les mains de Malfoy se placèrent d'elles–mêmes sur ses bras pour le coller un peu plus contre le mur et leurs entrejambes se touchèrent.

– Malfoy, qu'est–ce...

– Chut, Potter ! Ca ne vient pas de moi ! Je ne fais rien.

OOOOOOOOO

– Excellent ! Pourquoi on n'y a pas pensé avant ? s'esclaffa Néville. Mais, ils vont être furieux, après ça !

– Mais non, contra Seamus d'un ton tranquille. Ils sont tous les deux homo bien qu'ils ne le sachent pas encore. Ils aiment ça et dans une minute, ils seront incapables de résister. C'est le meilleur moment, ajouta–t–il en bougeant les hanches de « Malfoy » d'avant en arrière.

OOOOOOOOOO

Les deux garons avaient du mal à respirer à cause de la délicieuse friction. Ils avaient fini par accepter les mouvements incontrôlés de leurs corps et ils commençaient vraiment à apprécier ce qui leur arrivait. Harry essaya de parler entre les poussées de Malfoy qui le plaquait contre la pierre. Mais les sensations étaient tellement grisantes. Presque trop.

– Malfoy... (poussée) qu'est–ce... (poussée) qui se... (poussée) passe ? demanda Harry en soupirant le dernier mot car Malfoy se frottait à lui juste comme il fallait.

Il rejeta la tête en arrière.

– Je... ne... sais pas, répondit Malfoy. Oh mon Dieu, murmura–t–il alors que le plaisir devenait insoutenable.

Et soudain ils la sentirent, cette force, inconnue qui les obligea à se rapprocher encore un peu plus.

– Oh, non ! bredouillèrent–ils en même temps.

L'instant d'après, leur lèvres se rencontrèrent et ils échangèrent un baiser torride. Ils essayèrent désespérément de se dégager mais Hermione maintenait leur « poupée » l'une contre l'autre, ils ne pouvaient donc rien faire.

Cependant, le baiser se transforma. Harry sentit la langue de Draco s'enfoncer dans sa bouche pour aller taquiner la sienne. Et cette fois, aucun d'eux ne put retenir un gémissement.

OOOOOOOOOO

Néville s'approcha et réarrangea les bras de Harry qui jusqu'alors étaient restés sur le côté.

OOOOOOOOOO

Harry gémit encore et agrippa les manches de Malfoy avec impatience. Il pencha la tête pour approfondir encore le baiser (ça venait d'Hermione). Seamus décida que cela deviendrait vite ennuyeux. Alors, il émit un rire sadique et commença à déboutonner le pantalon de « Malfoy ».

OOOOOOOOOO

Malfoy sentit son pantalon s'abaisser de lui–même. Lentement.

– Mais que... essaya–t–il de dire tout en embrassant Harry.

Cependant il sentit le jean de Harry se défaire lui aussi et leur sexe entrèrent en contact. Leurs lèvres se séparèrent juste le temps qu'ils poussent chacun un autre gémissement plutôt bruyant. Heureusement, leurs « amis » avaient jeté un sort de silence et de dissimulation autour d'eux. Dès qu'ils purent respirer de nouveau, ils s'embrassaient de nouveau comme des fous.

La chemise de Malfoy s'ouvrit tout à coup, relevant un torse plat et musclé à la grande joie de Harry, surpris quand même par cette brusque attirance. Harry toucha la peau douce de Malfoy et gémit une fois de plus tandis qu'il découvrait le corps de Draco. La chemise de Harry se souleva, puisqu'elle n'avait pas de boutons et il dut lever les bras de lui–même afin que le vêtement passe au–dessus de sa tête ; ce qui permit à Malfoy de détailler à son tour le corps de son partenaire.

OOOOOOOOOO

Ron se mit à rire. A son tour.

OOOOOOOOOO

Malfoy se baissa tout en déposant une myriade de baisers sur la peau de Harry. Il ne put retenir le grognement purement sensuel qui s'échappa de ses lèvres. Et votre attention, chers lecteurs, ces gémissements venaient d'eux. Les poupées ne parlent pas. Et toc !

Harry rejeta la tête en arrière, le plaisir roulant dans ses veines, quand la bouche de Draco se referma sur son sexe. Après tout, c'était des poupées très détaillées. Ron bougea la tête de « Malfoy » d'avant en arrière comme Seamus l'avait fait précédemment avec ses hanches.

Après quelques instants, Harry n'en pouvait plus. Ses mains se posèrent sur les cheveux blonds et ils commença à bouger à son tour d'avant en arrière. Quelques minutes plus tard, il explosa, hurlant le nom MALFOY, les surprenant tous les deux.

Malfoy put enfin se relever mais s'ils pensaient s'en tirer à si bon compte, ils se trompaient lourdement. Malfoy regarda le corps de Harry avec envie, maintenant. Et c'était en partie à cause de la poupée, et en partie... non.

OOOOOOOOOO

–Oh, je sens qu'on va se marrer ! ricana Seamus en bougeant la poupée « Malfoy ».

OOOOOOOOOO

Malfoy se pencha et souleva Harry en l'attrapant par les cuisses tandis que ce dernier s'adossait au mur. Malfoy tendit ses doigts vers le Brun qui les lécha lentement et avec séduction jusqu'à ce qu'ils soient bien mouillés. Doucement, Draco approcha sa main près de l'anus de Harry.

– Qu'est–ce... qui... nous arrive ? demanda–t–il, pantelant.

Harry se contenta de secouer la tête avant de murmurer :

– Aucune idée. Mais, pitié, dépêche–toi !

Il avait du mal à parler, sa respiration étant toujours difficile suite à son puissant orgasme. Malfoy introduisit un doigt... puis deux... puis trois... avant de les retirer et d'enfoncer son sexe. Harry se cambra et cria, brûlant de passion.

Malfoy commença à bouger. Et Harry passa sa main dans les cheveux blonds, les ébouriffant, alors qu'il plaçait son autre bras sous les épaules de Draco pour pouvoir se maintenir. Il rejeta la tête en arrière et ouvrit la bouche en un cri silencieux. Il resta sans voix... jusqu'à ce que Malfoy frappe sa prostate. Encore et encore.

Ils gémissaient et soupiraient tous les deux alors que Malfoy bougeait toujours et tous les deux prenaient leur pied en cet instant même s'ils aimeraient bien savoir ce qui leur arrivait, merde ! Le sexe de Harry était de nouveau dur et la main de Malfoy s'en saisit pour le caresser en rythme. Leurs torses, recouverts de sueur, se touchaient sans arrêt. Harry cria une fois de plus à cause d'un autre orgasme et quand Draco le sentit se resserrer autour de lui, ce fut de trop : il grogna et jouit longuement. Ils bougèrent encore un peu, le temps de redescendre du 7ème Ciel. Puis Malfoy reposa Harry à terre et il s'effondra contre lui. Ils s'embrassèrent avec passion puis avec tendresse (encore à cause d'Hermione).

Ensuite leurs vêtements se mirent à flotter avant de revêtir chacun, leur propriétaire.

OOOOOOOOOO

– Deforci Harry Potter. Deforci Draco Malfoy.

La formule fut murmurée par tous les “farceurs”, ce qui leva le sortilège. Et ils se dépêchèrent de rejoindre leur dortoir. Apparemment, plus du tout ennuyés.

OOOOOOOOOO

Les deux garçons sentir la force disparaître et ils se regardèrent, embarrassés, horrifiés. Ils étaient tous les deux penchés et essayaient de reprendre leur souffle.

– Qu'est–ce que c'était ? s'enquit Harry, en inspirant profondément.

– Je ne sais pas, répondit Malfoy, en haletant. Au fait, continua–t–il en réarrangeant une de ses mèches, je suis étonné que tu ne te sois pas encore enfui en hurlant. Enfin, je veux dire, tu es hétéro, non ?

– Je ne suis pas hétéro ! répliqua Harry comme s'il avait été insulté.

Draco écarquilla les yeux.

– Tiens donc ? Ben, moi non plus.

Un silence d'une toute autre nature s'installa alors entre eux. Tacitement, ils décidèrent qu'ils devraient vraiment se revoir plus tard.


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Le groupe entendit le portrait de la Grosse Dame s'ouvrir et donner passage à un Harry très confus, quelque peu énervé bien qu'immensément comblé.

– Salut, Harry. Tout va bien ? s'enquit Ron en levant les yeux de son magazine.

Harry se tourna vers eux.

– Ne me demandez même pas. Vous n'y comprendrez rien. D'ailleurs, croyez–moi... vous ne voulez pas savoir.

Et il monta les escaliers pour rejoindre leur dortoir. Quelques secondes plus tard, les « farceurs » explosèrent de rire.

– Trop tard ! s'écria Seamus entre deux rires. Mon Dieu, comme Fred et Georges me manquent ! Merci encore.

FIN.

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#Posté le mercredi 18 février 2009 12:49

Lemon in the rain

Lemon in the rain

Le match de Quidditch bat son plein sous cette pluie incessante. Depuis mon réveil, les gouttes d'eau ne cessent de marteler le sol dans un rythme infernal. Je les regarde tomber les unes après les autres, se suivant et ne voulant pas se perdre de vue. Je ferme les yeux calmement puis cligne plusieurs fois. Là, accroché à mon Éclair de feu, je tente de garder une trajectoire correcte.

Je suis dans un autre monde, fait de douceur et de calme. La réalité qui m'entoure n'est que brouillard masqué par cette pluie qui brouille ma vue. Je vois au loin l'équipe des Serpentard évoluer sur le terrain. Je ne sais même pas quel est le score, et après tout, cela m'est égal...

Je viens de perdre ma raison de vivre en acceptant les regards désireux qu'il m'offre. J'ai toujours agi selon notre rivalité, et maintenant qu'il m'apporte cette attention décalée sur mes plates bandes, je me pose certaines questions. Est-ce mon attitude qui a révélé ce désir en lui? Ou ne suis-je que l'une de ces proies qui figurera bientôt sur son tableau de chasse?

Le grand et élancé Serpentard... celui qui mobilise la plupart des attentions, et celui qui multiplie les conquêtes. Je n'ai jamais compris ce qu'il pouvait retenir de toutes ces personnes avec qui il ne passait qu'une simple et unique nuit. Peut-être que cela l'extasie dans sa simplicité. Pas de prises de tête sur les sentiments; pas de crises de jalousie.

Au début, je ne comprenais pas pourquoi tant de personnes se laissaient attraper par ses doigts enchanteurs, mais maintenant je pense connaître ce que ses victimes ressentent au fond d'elles. Il nous procure un intérêt soudain et très intense. Ses yeux gris se posent sur nous avec désir et passion. On se sent alors tout d'un coup important, grand.

Dans le fond, je me demande s'il a eu tant de conquêtes qu'il ne le prétend. Les témoignages des jeunes filles sont là, certes, mais parfois le tout reste contradictoire. L'une affirme qu'il possède tel marque de sous-vêtements tandis qu'une autre les décrira tout autrement. Mais... pour une histoire de caleçons ou de boxer, là n'est pas vraiment la réponse. Enfin... il faudrait que je lui demande, lorsqu'il aura réussi à m'attraper entre ses griffes. Une confidence entre deux soupirs de jouissance ne peut-être que prise sérieusement.

Je vois le vif d'or passer devant mes yeux. Je ne réfléchis pas et je me mets à sa poursuite. Je ne sais pas où il est, s'il tente lui aussi d'attraper la petite balle doré qui vole parmi les gouttes de pluie, mais j'essaie de l'oublier durant ces quelques secondes. Je ne dois plus penser à lui. Il n'est là que pour prendre son pied. Que pour s'amuser avec moi; mon corps. Il n'a jamais pris en pitié qui que ce soit. Il n'a jamais ressenti le moindre sentiment.

La petite balle dorée tente de se dégager, mais elle reste emprisonnée par mes doigts. Je la tends au public comme signe de victoire et j'entends le sifflet de fin retentir. Je ne prends même pas la peine de regarder le score. Après tout, avec le vif d'or dans nos points, on est pratiquement sûr d'avoir remporté le match. Quoique... vu la réaction des supporters dans les tribunes, ils n'ont pas l'air si enjoués que ça face à notre victoire.

Avec un rapide coup d'½il au tableau d'affichage, je me rends compte des résultats frappants... Les deux équipes sont à une égalité surprenante. Je laisse ma bouche ouverte quelques instants. Alors comme ça... il arrive même à me faire oublier les bases élémentaires du Quidditch.

Je retrouve penaud les vestiaires de mon équipe. Les autres joueurs m'accordent quelques mots, comme quoi je semble ailleurs et que l'égalité est plus favorable au classement que la défaite. Mais je ne les entends qu'à peine. Mon esprit est tourné vers ce regard furieux qu'il m'a lancé à la fin du match. Oui... quand j'ai posé pied à terre, il semblait hors de lui, comme si l'égalité le contrariait plus que tout. Préférait-il encore perdre?

Alors que je me suis douché rapidement et que j'ai revêtu avec délice mes affaires propres et sèches, je sors des vestiaires. Je le retrouve avec étonnement devant la porte, à m'attendre patiemment. Me voyant arriver, il se relève légèrement du mur sur lequel il était appuyé. La pluie tombe sur lui, mais il ne réagit pas. Il laisse les gouttes d'eau glisser le long de ses joues et frapper son équipement de Quidditch. Pourquoi ne s'est-il pas changé?

''Pourquoi tu n'as pas attendu un dernier but?''

Je savais qu'il allait me poser cette question. Seulement, je me vois mal lui répondre que c'est de sa faute. Ça serait lui donner victoire que de lui avouer qu'il m'a perturbé au point de ne plus suivre le match de Quidditch. Alors je hausse simplement les épaules, tandis que les premières gouttes d'eau de pluie viennent se mélanger à l'odeur de mon shampooing.

''Je vais me changer. Tiens toi près du saule pleureur, à côté du lac. On règlera nos comptes...''

Son ton est catégorique. Comme s'il avait peur que je n'y aille pas, il accentue son ordre avec un peu d'autorité supplémentaire. Il fait rapidement volte-face pour entrer dans ses propres vestiaires. Comme si je pouvais lui refuser ce rendez-vous...Il m'a dit qu'on règlerait l'égalité du terrain autrement. Il m'a dit d'être là. D'être prêt. Alors je le serai.

Je me dirige alors vers le lac d'un pas las. Après tout, j'ai le temps. Il va se doucher et se changer pour ensuite me rejoindre. Alors je peux bien ralentir et apprécier cette sensation de froid qui commence à m'envahir lentement. Le premier frisson parcourt mon dos entre mes deux omoplates. Je le réprime avec délectation. J'ai froid, donc je suis en vie.

J'arrive rapidement au bord du lac. Je m'abrite légèrement sous le saule et commence à observer la surface de l'eau. Les gouttes forment plusieurs ronds autour d'elles, alors qu'elles percutent la grande masse d'eau. Pourquoi est-ce que la surface du lac se plie à l'arrivée de ces si petites gouttes?

J'entends ses pas derrière moi qui se rapprochent lentement dans un bruit d'eau. C'est vrai, j'en avais oublié le sol qui est désormais recouvert d'une fine couche de boue. Je vais être bien, tiens, dans quelques instants. A cette pensée, je ressers autour de moi ma cape d'hiver qui empêche les gouttes de pluie venir glisser dans mon cou. Lui s'arrête quelques pas derrière moi et attend que je me retourne pour lui faire face, seulement je reste là où je suis. Je ne tiens pas à voir un quelconque reproche dans ses yeux.

'' Tu croyais quoi, Potter? Que je n'allais pas t'en vouloir?''

Je ne réagis pas, à part peut-être un léger haussement d'épaule. Après tout, je n'ai pas envie de lui répondre et ça ne changerait rien à ma situation: un enfant pris en faute.

''Tu sais bien que je ne supporte pas quand on est au même niveau. Tu n'aurais pas pu me battre comme à chaque fois? Non, au lieu de ça tu préfères qu'on soit à égalité... qu'on soit sur la même longueur d'onde. Tu préfères me rappeler qu'on peut se ressembler! Et tu pourrais au moins me regarder quand je te parle!''

Il pose avec détermination sa main sur mon épaule et me retourne avec force. Je garde la tête baissée, n'osant pas le regarder en face. D'ailleurs, je ne supporte pas qu'il emploie ce ton avec moi. Pourquoi me regarder avec tant de désirs, aussi bien charnel que celui protecteur, si c'est pour me parler de la sorte? Je ne suis donc que ça pour toi, juste un corps que tu trouves attirant?

Et pour moi... tu es quoi? Juste une personne qui s'intéresse à moi pour ce que je suis? Oui... moi, Harry Potter, une personne à part entière et non qu'un Survivant. Car je sais que tu n'as jamais aimé mon statut de sauveur. C'est d'ailleurs pour ça que tu m'as mené la vie dure durant mes premières années de collège. Pour que je ne vois pas que derrière cette haine que tu me vouais, tu les détestais tous de m'idolâtrer pour ce statut qui m'a détruit. Car... en étant le Survivant, je n'ai pas pu vivre comme j'aurais aimé. Et ça... tu l'as bien vu. Tu ne supportais pas Colin avec son appareil photo et ses manies de me suivre partout où j'allais. Tu ne supportais pas ces interviews où Rita Skeeter s'amusait à déformer le moindre de mes propos. Et le pire de tout... c'était toutes ces personnes qui profitaient de moi, de mon statut. Alors tu as masqué cette haine derrière celle que tu as voulu me vouer. Et même maintenant... tu dis m'en vouloir d'être à égalité. Mais en fait, tu m'en veux de ne pas avoir gagné, ou plutôt de ne pas avoir réussi à m'être démarqué de toi. Tu ne supportes pas qu'on puisse nous comparer, et tu souhaites par dessus tout que je sois mis en valeur de par mes vraies capacités.

Alors pour moi... tu es plus que l'attrapeur des Serpentard. Pour moi... tu es la seule personne qui arrive à voir la vraie valeur qu'il y a en moi. C'est pour cela que mes yeux me picotent légèrement. Car je ne supporte pas que tu élèves la voix contre moi. Je ne saurais dire si je pleure réellement, où si ce ne sont que ces gouttes de pluie qui glissent le long de mes joues, mais je sais que tu connais le mal que ça me fait. Tu poses ton autre main sur ma deuxième épaule et commence à me secouer.

''Putain Potter! Regarde moi quand je te parle!''

Il ne sait pas quoi faire devant mon manque de réaction. Après tout, je lui ai toujours répondu. Par des injures, des mauvais sorts ou même des coups. Mais cette fois-ci, je laisse mon visage baissé, et lui continue de me secouer, commençant à paniquer. Pourquoi me regarder avec délectation si ce n'est que pour agrandir un peu plus l'écart que nous nous sommes créé depuis le début? Pourquoi tenter de me défendre face aux injustices de Rogue si c'est pour me secouer de la sorte?

Ne me voyant toujours pas réagir, il me plaque contre le tronc de l'arbre avec force. Le choc fait vibrer légèrement quelques feuilles qui nous éclaboussent du peu d'eau qu'elles ont réussi à retenir. Ma tête vient percuter le bois dans un son mat et je vois ses iris s'ancrer dans les miens. Je détourne alors aussitôt la tête. Je ne veux pas qu'il voie mes yeux rougis. Seulement c'était sans compter sa main qui vient agripper mon menton avec rudesse et replacer mon visage face au sien.

''Tu pleures Potter?''

Son ton n'est pas moqueur. Même pas froid. Il fronce seulement les sourcils, mélangeant ainsi surprise et inquiétude.

''Malfoy...Si tu veux t'emparer de mon être... fais le rapidement, puis laisse moi mourir. Je ne supporte plus que tu joues avec moi...''

Mes paroles ne restent qu'un souffle, mais je vois ses pupilles lire sur mes lèvres. Finalement, il n'arrive pas à détacher ses yeux de ma bouche qui vient de lui confier cette chose si douce et si douloureuse. Il rapproche lentement son visage du mien jusqu'à ce que je puisse sentir son souffle régulier sur mes lèvres restées à moitié entrouvertes.

''Qui te dit que j'ai envie de te laisser mourir...?''

Il pose alors ses lèvres contre les miennes avec possession. Ma tête est alors davantage appuyée contre le tronc du saule, mais ce contact si doux et en même temps si autoritaire de sa bouche sur la mienne reste une drogue. Alors qu'il stoppe ce premier baiser, il ancre ses iris dans les miens avec un air de défi. Je crois qu'il va prendre au mot ce que je viens de lui dire. Il attrape ma nuque avec envie et ramène mes lèvres jusqu'aux siennes. De son autre main, il fait tomber ma cape d'hiver au sol, enlevant au passage mon manteau. Je me retrouve rapidement en simple robe de sorcier face à lui qui est toujours au chaud, dans sa propre cape. La pluie commence à venir s'infiltrer dans les mailles de tissus et arrive jusqu'à ma peau. Je frissonne à nouveau.

Il se recule quelques instants pour m'observer. Mes cheveux noirs d'ébène se collent à mon front et je ne vois plus grand chose avec ces gouttes d'eau sur mes lunettes. Il retire ces dernières qu'il laisse tomber au sol puis tend sa main droit devant lui pour attraper ma cravate. Je ne réagis pas et le laisse tirer dessus, me ramenant vers lui. Il commence à s'amuser avec, mais la délaisse rapidement, préférant enlever ma robe de sorcier. Je me retrouve alors en chemise et pantalon face à son regard. Le tissu blanc imbibé d'eau reste transparent à certains endroits. Il colle à ma peau et permet d'apercevoir mes tétons crispés par le froid. Il tourne autour de moi, tel un chasseur adorant sa proie, puis s'arrête dans mon dos. Là, il laisse l'une de ses mains tirer sur ma chemise pour la faire sortir de mon pantalon. Elle vient ensuite glisser le long de mon ventre plat avec sensualité. Je sens son souffle contre mon cou, puis son menton se poser contre mon épaule. Sa langue vient récupérer avec délectation et douceur les gouttes qui glissent le long de mon col de chemise. Son autre main tient fermement mon bassin contre le sien. J'aime être ainsi entouré par sa chaleur...même si je me doute que ce n'est qu'un jeu de plus pour lui.

Sa main ressort rapidement de sous ma chemise pour venir desserrer avec impatience ma cravate. Il s'amuse ensuite à déboutonner avec seulement deux doigts ce seul rempart entre moi et cette pluie incessante. Les gouttes d'eau peuvent désormais glisser à même mon torse, tandis que Malfoy fait glisser ma chemise trempée le long de mes épaules. Je l'entends tomber à terre, rejoignant ainsi ma cape et le reste de mes affaires. Il se plaque à nouveau contre moi. Je sens sa cape rêche sur ma peau et sa main glisser le long de mes pectoraux. Il sert avec possession mon torse contre le sien tandis que sa bouche joue avec le creux de mon cou. Avec sensualité, il fait filer sa langue jusqu'à mon oreille où elle s'amuse avec mon lobe. C'est un doux contraste que la douceur de ce geste et la dureté de sa cape contre ma peau. Un contraste si excitant que ce froid m'engourdissant petit à petit et ce seul point de chaleur qui me raccroche à lui.

Rapidement, je me retourne pour lui faire face. Il semble surprit de voir que je réagis... que je ne le laisse pas prendre totalement le dessus pour régler cette égalité. Pourtant, il ne dit rien. D'un côté, ma réaction reste quelque peu flatteuse pour lui. J'attrape alors sa nuque d'une de mes mains d'où perlent quelques gouttes d'eau et j'amène son visage prêt du mien pour l'embrasser tendrement. Il n'a pas l'habitude de recevoir un tel baiser; il ne connaît que la sensualité. Alors je le sens se détendre sous mes lèvres et apprécier ce simple moment tandis que je commence moi-même à lui retirer sa cape d'hiver qui rejoint rapidement la mienne.

Sa chemise est elle aussi tombée rapidement au sol. Tout comme la mienne, elle est imbibée de cette eau qui vient du ciel. Eau céleste, seul témoin de nos gestes tendres et sensuels. A l'heure qu'il est, l'ensemble des élèves doit être emmitouflé dans la chaleur de l'enceinte scolaire. Et puis... même si nous sommes trop éloignés, je n'ai pas honte de ces moments partagés avec lui.

Je me retourne, lui offrant une nouvelle fois ma nuque. Il ne comprend pas pourquoi j'agis de la sorte. Je le déshabille avec douceur, je lui offre quelques baisers brûlants sur sa peau clair et froide et je lui tourne le dos. Voyant son manque de réaction, j'attrape ses poignets pour entraîner autour de moi ses bras. Il comprend alors où je veux en venir, et il me ramène contre lui, refermant son étreinte. Peau contre peau... avec seulement quelques gouttes d'eau nous séparant. Je ne veux... plus faire qu'un. Je veux garder cette douce chaleur qui m'entoure jusqu'au bout des temps.

Après quelques instants dans cette position, je le sens s'impatienter. Il commence à s'amuser de nouveau avec le creux de mon cou, avec à peine plus d'intensité. Il permet à ses dents d'entrer légèrement dans ma peau et d'y laisser une petite douleur sûrement marquée d'une faible trace rouge. Je sens une sensation étrange parcourir mes veines à l'endroit où il me mordille avec sensualité. Sa langue vient atténuer la douleur qui m'enivre légèrement tandis que je laisse ma tête glisser en arrière. L'une de mes mains vient chercher ses cheveux et se distrait à glisser dans ses mèches blondes et trempées. J'en profite pour accentuer la pression sur sa tête et ainsi celle de sa bouche contre ma peau.

D'un geste brusque, il me retourne pour retrouver ma bouche avec volupté et me faire basculer à même le sol. La chute est un peu brutale, mais son corps qui se retrouve au dessus du mien laisse une douce chaleur m'envahir. Il passe une main entre nous deux pour la plaquer sur mon intimité. Je réagis immédiatement et je sens mes joues se réchauffer à leur tour. Il s'attaque alors à mon pantalon et le fait glisser contre mes cuisses, en profitant ainsi pour caresser ces dernières avec l'intérieur de sa main. Tout en me délectant de cette sensation si douce, je tire à mon tour sur sa ceinture et lui arrache presque son pantalon. Apparemment, ma propre impatience l'amuse puisqu'il laisse un petit sourire naître sur ses lèvres roses. Il pose ensuite son index sur ma bouche et rapproche son visage à quelques centimètres du mien.

''Mais... on a tout notre temps... fougueux petit Gryffondor...''

Après m'avoir chuchoté ces mots, il laisse ses lèvres remplacer son index pour m'embrasser avec volupté. Il s'amuse à prendre tout son temps, même si je sens sa virilité qui prend de l'ampleur contre ma hanche. Lui aussi aime cette situation. Moi, allongé avec seulement mon sous vêtement qui colle à ma peau, dans cette boue qui macule les parties en contact avec le sol. Il commence lentement à faire quelque va et vient, nos parties sensibles étant encore protégées par un fin rempart de tissu. Seulement il continu à se distraire, à les frotter l'une contre l'autre et il me laisse dans un état second.

Mon souffle s'accélère... mon excitation gagne mes reins dans une douce chaleur. Draco... ses mains glissent contre mes hanches et je les sens m'exalter avec délices. Ses doigts tirent sur l'élastique de mon boxer... pour finalement le relâcher et le laisser à sa place. Je laisse mes mains descendre le long de son dos en formant des arabesques compliquées et je les glisse avec désir le long de ses reins. Courbes si agréables à caresser... J'arrive jusqu'à ses fesses que je prends avec possession et ravissement dans le creux de mes paumes. Je sens le tissu mouillé de son caleçon coller à sa peau ce qui me laisse dans un état second. Je commence à tirer sur le textile...

Je suis dans un autre monde. Celui de l'extase, de l'allégresse, du plaisir. Je n'arrive plus à me souvenir exactement où je suis, mais je sais que je partage ces instants avec lui. Alors cela m'est égal. Il enlève mon boxer avec patience, mais ses mains le trahissent: elles tremblent d'une précipitation trop longtemps contenue. Je sens sa langue courir le long de ma virilité dans une sensation des plus intenses. Ses lèvres viennent jouer avec pour finalement la prendre entièrement en bouche. Je retiens mon souffle pour irrémédiablement laisser échapper un râle de plaisir.

Je l'entends enlever ses derniers sous-vêtements pour se rapprocher ensuite de moi. Il a délaissé ma propre excitation quelques instants pour venir onduler contre moi. Je suis au bord du paradis, et j'ai peur de ne pas pouvoir partager ma jouissance en même temps que lui. Alors j'attrape son avant bras dans lequel j'enfonce mes ongles et je le tire avec force vers moi. Entre deux halètements de plaisir, j'arrive à lui murmurer quelques mots.

''Empare-toi de mon être... avant qu'il ne soit trop tard.''

Il délaisse alors quelque temps mon occupation pour s'occuper de la sienne. Il l'enduit de lubrifiant à l'aide d'un sort rapidement jeté et se rapproche de moi. A cet instant, je sais que mes pensées fusent très vite. Je n'ai même pas le temps de ressentir une quelconque angoisse, je sais qu'il le fera bien... Et puis c'est moi qui le lui demande. Il attrape mon bassin et se rapproche tout contre moi. Il ancre ses yeux dans les miens, ce qui me surprend. Pourquoi vouloir me voir dans un tel instant?

Il s'insinue lentement en moi, avec une précaution telle que je ne ressens même pas la douleur que peux amener un premier rapport. Je ferme les yeux avec délice tandis que je le sens progresser lentement en moi. Je ne suis plus de ce monde... j'ai dépassé le stade de la délectation. Il attend quelques instants que je m'habitue à sa présence faite de douceur et d'envie puis commence lentement ses va et vient. Promptement, il pose ses mains de part et d'autre de mon visage, prenant appui à même le sol et pour ainsi dire dans la boue.

Je vois son visage dans le plaisir et l'effort, mêlant ainsi des expressions toutes plus agréables à regarder les unes que les autres. Ses cheveux blonds retombent devant son front et suivent ses mouvements pour perler de sueur mélangée à cette eau céleste. Même si je ne suis qu'une de ses conquêtes supplémentaires, je redonnerai tout pour pouvoir revivre cet instant où il est si beau, lui au dessus de mon corps.

Avec un coup de rein supplémentaire, il m'abandonne au bord de ma propre plénitude. Je laisse ma tête aller en arrière et j'entrouvre à peine les paupières. J'aperçois alors dans le brouillard de mon désir et entre le feuillage du saule le ciel qui pleure devant moi, au dessus de moi. Les gouttes se suivent les unes derrières les autres. Elles ne veulent pas se perdre de vue, elles veulent vivre et mourir ensemble. Alors elles tombent ensemble, et viennent se mélanger à mes larmes de bonheur.

Je suis dans la plus belles des extase qu'est la jouissance. Je me libère entre nous deux, tandis que je me contracte en de multiples spasmes. Il se laisse alors lui aussi aller dans le plaisir avant de retomber sur moi, à bout de souffle. Je le vois respirer bruyamment contre mon torse qui est lui-même rythmé par ma forte respiration. Ma main passe tendrement dans ses cheveux avant de m'apercevoir que je lui mets de la boue un peu partout. Je la retire alors précipitamment, ne voulant pas le recouvrir davantage. Quoique... il doit avoir un style, arborant un air sauvage avec deux bandes de boue bien tracées sur les joues. J'esquisse un sourire en l'imaginant de la sorte. Je sors de ma torpeur tandis qu'il se relève et commence à se rhabiller, lançant des sorts de nettoyage à tout va. Je me redresse alors précipitamment, voulant avoir des réponses à mes questions.

''- Tu... as vraiment couché avec toutes ces filles?

- Ouais. Pourquoi Potter, ça te dérange d'être le premier mec de ma longue et grande liste?''

Il a reprit son air arrogant et hautain. Pourtant, je sais au fond de moi que ce n'est qu'une barrière qu'il se fixe pour garder ses distances avec moi.

''- Et donc... je ne suis qu'une conquête de plus, c'est cela?

- Exactement. Tu peux aller dire à qui tu veux qu'on a couché ensemble, ça m'est égal. Seulement épargne moi une chose: une scène de ménage. Car on n'est pas et on ne sera jamais un couple.''

J'accuse le coup sans rien dire, mais je garde un argument de poids au fond de mon âme. Oui... il a été tellement doux avec moi. Tellement différent de ce qu'on a pu raconter sur ses ébats sexuels. Non... avec moi il a fait si attention de ne pas me blesser, de regarder à chaque instant si j'allais bien, si je n'avais pas mal...

'' Ok... si ça t'enchante. Mais Malfoy... Si tu ne veux pas prolonger notre relation... Pourquoi m'avoir fait l'amour, au lieu de tout simplement me baiser? Ca aurait été plus simple, non?''

Je le vois s'arrêter dans ses gestes alors qu'il était entrain de refaire le n½ud de sa cravate. Il laisse son regard fixé sur ce dernier et j'aperçois ses joues rougir légèrement. Il relève alors la tête et ancre ses yeux dans les miens. Une lueur dangereuse se pose sur moi.

''Parce que je n'ai jamais couché avec toutes ces filles. Parce que c'était si facile de faire croire à toute l'école que j'étais un tombeur en ajoutant de-ci de-là des souvenirs. Parce que je te voulais toi, Potter; et que je savais que pour t'avoir il ne fallait passer qu'une seule nuit. Tu n'aurais jamais accepté quoique ce soit de plus. Parce que t'es le Survivant et moi un fils de Mangemort. Et puis parce que je ferais tout pour toi, Potter. Content?''

Il me crache ces mots avec une colère que je ne lui ai jamais vu, comme si cela lui faisait mal. Comme s'il était persuadé que j'allais le repousser.

''Maintenant, si tu permets, laisse moi me rhabiller et me rappeler cette seule et unique fois où j'ai pu te toucher, parce que je sais par avance que ça sera la dernière.''

Il rattrape sa cape d'hiver qu'il met avec dédain sur ses épaules après l'avoir nettoyée. Il fait ensuite volte face et me plante là avec humeur. Et moi, je reste quelques secondes sur place. Je n'arrive pas à comprendre ce type. Mais avant de le laisser totalement disparaître de mon champs de vision, j'attrape moi aussi ma cape d'hiver encore boueuse et j'emmitoufle mon corps toujours nu dedans.

J'attrape son avant bras et tire d'un coup sec dessus. A bout de souffle après ma petite course, je m'appuie contre lui pour reprendre assez d'oxygène afin d'aligner plusieurs mots.

''Tire toi si t'en as envie Malfoy... Mais sache que si je t'ai laissé me toucher, c'était pas par simple désir physique.''

Je le vois écarquiller les yeux de stupeur. Le voyant trop surpris pour réagir, je m'approche de son visage pour l'embrasser et lui murmurer dans un sourire ces quelques mots.

''Je t'aime aussi, gros bêta.''

Il ressert alors ses bras autour de moi, avec un petit air important, comme s'il était enfin responsable de la protection d'une personne haut placée. Il s'aperçoit rapidement que je grelotte de froid sous ma seule et unique cape d'hiver. Il l'entrouvre alors pour se rendre à l'évidence: je suis encore et toujours nu, maculé par endroit de boue. Il me nettoie et me sèche via quelques sorts puis récupère le reste de mes affaires par un habile ''Accio''. Il attrape finalement mes hanches pour les guider jusqu'à l'entrée de Poudlard.

''Vient petit Lion. On va te réchauffer dans un bon bain...''

Avec un regard inquiet, je comprends rapidement qu'il compte jouer à la mère poule dans ses quartiers personnels de Préfet. J'esquisse alors un sourire et je dépose un tendre baiser dans le creux de son cou tandis qu'il passe sa propre cape d'hiver sur mes épaules.

Derrière nous, la pluie incessante tombe encore. Les gouttes célestes se suivent pour ne plus se quitter. Elles sont nées en s'aimant et moi j'ai trouvé mon amour avec elles. Elles veulent vivre ensemble, alors elles jouent jusqu'au dernier moment; jusqu'à ce qu'elles meurent en tombant au sol.

''- I dream.

- Why?

- I've got an angel in my arm. My angel.''

Fin

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#Posté le dimanche 01 février 2009 08:27

Modifié le samedi 07 février 2009 11:11

Bel nuit chap 13

Chapitre 13 : scandale

Harry enfila promptement un jean noir tout simple, avisa quelques instants son reflet dans le miroir puis se mit en route le pas pressant, craignant de rater (à nouveau) son bus. Il ne souhaitait pas être en retard à son premier jour de reprise alors que Neville avait accepté de lui laisser une semaine de vacances. Il se demanda avec amusement comment Drago avait persuadé son patron de le libérer pour partir avec lui, sous la torture sûrement...

À son plus grand regret, la tournée de promotion de Drago s'était achevée, beaucoup trop rapidement à son goût, le blond étant un acteur qui ne s'attardait que très peu durant ce genre de mondanité, n'aimant guère le contact avec les fans, les journalistes et photographes mais Harry ne s'était pas plaint de ce manque totale d'intérêt envers tous ces gens, Drago avait ainsi pu passer du temps avec lui dans les rues de Paris et de Tokyo. Il lui avait fait visiter, que très sommairement bien entendu, les deux capitales avec un engouement certain tout comme à Los Angeles.

L'adolescent avait adoré Paris pour les lieux assez somptueux qui lui avait été donné de voir et la si longue histoire que renfermait la ville était assez intrigante. Tokyo était une ville d'un genre très différent, bien plus moderne, bien plus peuplée. Il fut assez déconcerté par la gentillesse de certains japonais pensant que la sociabilité avait péri depuis déjà plusieurs générations dans la race humaine mais il pensa après coup que c'était sûrement pour mieux l'entuber. Il ne faisait pas confiance à ce genre humain.

Harry avait également apprécié passer du temps avec Drago, il s'était assez bien tenu et Harry l'avait considéré comme son petit copain à part entière durant ce laps de temps qui fut bien trop court à son humble avis.

Maintenant qu'il était de retour à Londres, Harry redoutait le Drago lunatique qu'il avait aimé oublier durant leurs vacances.

Il gagna le studio de Neville une demi-heure plus tard, appréhendant quelque peu ses retrouvailles avec le photographe qui devait lui en vouloir à mort. Il le retrouva en train de boire un café, un journal à la main, affichant un air étrangement satisfait.

-Salut.

Neville redressa la tête et lui offrit son plus beau sourire.

-Oh bonjour, Harry. Tu as vu les journaux ?

L'adolescent haussa les épaules, ne s'intéressant pas plus que ça à l'actualité qu'il trouvait toujours bien trop déprimante.

-La Statue de la Liberté a explosé ? s'enquit-il sur un ton neutre en se servant tranquillement du café.

Neville émit un petit rire puis lui tendit son journal.

-Oh non, c'est bien plus attrayant, regarde par toi-même.

Harry jeta un coup d'½il indifférent au journal qui semblait être dédié au people étant donné la quantité de rose qui colorait la couverture, le genre de torchon dont Harry ne prêtait pas attention jusqu'à ce qu'il rencontre Malfoy : lorsque le magazine en question publie des photos de gens que vous connaissez personnellement, il rencontre tout de suite un intérêt certain.

En découvrant la couverture, Harry sentit son c½ur manquer un battement devant l'horreur de la situation :

Une photo de lui faisait office de couverture avec en gros titre "Nouvelle conquête pour Drago Malfoy" avec quinze points d'interrogations en accompagnement. Une photo de lui et Drago dans les rues de Paris était affichée juste en dessous de sa propre photo.

-Mais...mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ! s'exclama Harry, subitement terrifié.

Neville affichait un sourire triomphant.

-Tu devrais lire l'article, il est génial ! susurra-t-il, savourant sa victoire avec délectation.

Harry se précipita pour trouver la page qui lui était dédiée et sursauta presque à la vue des innombrables photos de lui et de Drago qui remplissaient la double page. Toutes étaient plutôt neutres : on les voyait dans les rues de Paris, de Berverly Hills ou encore de Tokyo ainsi qu'aux avants premières. Une était plutôt suggestive et elle était d'ailleurs mise en évidence : Drago et lui se trouvaient au bord de la Seine et se souriaient comme l'aurait fait un couple d'amoureux. L'horreur de la situation ne l'empêcha pas de sourire un court instant en se remémorant ces moments intimes et si précieux qu'il avait passés avec l'acteur quelques jours auparavant mais son sourire se fana bien vite en se rendant compte que ces foutus photographes avaient sali ces instants en les rendant publics à la terre entière.

Il se mit alors à lire ce que ces journalistes avaient écrits sur eux avec nervosité.

Drago Malfoy, victime d'un enjôleur ?

"Drago Malfoy, l'acteur le plus convoité du moment depuis sa séparation avec la célèbre Pansy Parkinson, aurait pour ainsi dire "viré de bords". Notre envoyé spécial a suivis la star lors de sa tournée de promotion pour son nouveau film, très attendu de tous. Il s'avéra que l'acteur demeura durant tout ce temps aux côtés d'un certain jeune homme, qui d'après nos enquêteurs, travaille avec un des photographes personnels de Drago Malfoy. D'après une source sûre qui nous a affirmée que les deux hommes sortaient ensemble depuis un bon moment, le jeune Harry, de son prénom, aurait côtoyé la vedette après de nombreuses séances photos communes. Du haut de ses dix huit ans, le jeune homme homosexuel aurait fini par réussir à charmer l'acteur après plusieurs mois de fréquentation à le séduire. Derrière ses airs angéliques, l'apprenti photographe cache bien son jeu ; en effet, il n'a pas très bonne réputation d'après les échos que nous avons recueillis. Il serait très séducteur et se servirait de son physique avantageux pour manipuler ses proies. Plusieurs de nos témoignages affirment qu'il aurait comme ensorcelé l'acteur en utilisant ses charmes, un homme avec un palmarès aussi important de petites amies ne pouvant tout simplement pas devenir gay en à peine quelques mois. Drago aurait apparemment cédé à ses mauvaises intentions comme le démontre ces photos où l'on peut voir les deux hommes se balader en amoureux dans les rues de Paris. À noter qu'Harry se trouvait à toutes les avants premières de l'acteur et demeurait dans les mêmes hôtels que lui. Les prochains mois nous diront si Drago continuera à rester victime de cet être démoniaque aux allures angéliques ou s'il retrouvera la raison..."

Harry resta figé quelques instants sur sa chaise, serrant à s'en faire éclater les phalanges le journal entre ses mains. Puis, fou furieux, il jeta le magazine à travers la pièce en poussant un cri de rage incontrôlable.

-J'ai hésité entre celui où il y a l'annonce que tu vas être le responsable de milliers de morts de jeunes filles aux c½urs brisés ou celui avec la pétition pour ton exécution prochaine mais celui-ci où l'on pense que Malfoy n'est pas gay simplement victime d'un de tes maléfices de séduction est bien plus jouissif, fit Neville qui s'amusait grandement.

-Tu veux dire...il y en a d'autres ?

-Quoi donc ?

-De magazines avec ma photo et...

-Tu rigoles ? Tu es à la une de tous les journaux people de la planète depuis ce matin.

Harry blêmit considérablement à cette annonce bien pire que tout ce qu'il avait pu imaginer.

-Ouhou, redescend sur terre ! Malfoy est une star internationale et une des plus populaires du moment. Tu t'attendais à quoi en le fréquentant ? Rester anonyme peut-être ?

-Je...je n'aurais jamais imaginé que...

-Je t'avais dit de rester discret, je t'avais déconseillé fortement de l'accompagner à tous ses trucs promotionnels, là où tous les journalistes de la planète ont les yeux rivés sur lui mais bien sûr tu ne m'as pas écouté. C'est déjà quelque chose que tu sois resté anonyme pendant tout ce temps à aller et venir chez lui.

-Je...

Mais tout ce que voulait dire l'adolescent restait coincé dans sa gorge.

-Je ne pense pas que ton prince va beaucoup apprécier ta nouvelle notoriété, ricana le photographe en se délectant pleinement de ce moment.

-Mais on ne fait rien ! On marche dans la rue ! s'affola Harry qui songea à la réaction sûrement violente de son amant qui avait toujours tout fait pour que leur relation reste secrète.

-Les journalistes ne voient aucune différence.

Harry se leva d'un bond de sa chaise et sortit. Il devait en avoir le c½ur net, ses yeux devaient confirmer cette situation épouvantable. Il entra alors dans la première librairie qu'il croisa et recula presque en apercevant sa photo sur la une de tous les quotidiens et hebdomadaires people. Il les feuilleta un à un, les mains tremblantes et constata que Neville avait dit vrai : chacun des journaux avait sa propre version des faits et une personnalité différente lui était à chaque fois attribuée. Il passait néanmoins pour le méchant de l'histoire dans la plupart de ces torchons, il trouva cependant une version où il était le petit protégé de l'acteur ; en effet, une interview d'un certain Théodore Nott affirmait que l'acteur avait une attitude protectrice envers son nouveau petit ami : "Pendant l'after party (ndlr à Los Angeles), Drago ne voulait pas que je lui parle, il l'a gardé près de lui toute la soirée, jaloux à chaque fois qu'une personne s'aventurait à lui adresser la parole. Harry obéissait aux moindres de ses ordres, un vrai soumis." Harry bouillonnait de rage en se remémorant son face à face avec un certain Théo qu'il avait humilié après l'avoir énervé.

Les photos, quant à elles, étaient toutes les mêmes et dataient de la semaine de promotion passé avec Drago. Les photos en bord de Seine étaient toutes mises en évidence et Harry se mit alors, pour une raison inconnue, à culpabiliser d'avoir éprouvé tant de bonheur dans ces moments passés avec l'acteur alors qu'ils étaient tous deux mitraillés au numérique de tous les côtés.

Écumant de rage comme il ne l'avait jamais été auparavant, il se mit à déchirer et à envoyer en l'air toutes les revues où sa photo se trouvait. Un tas de journaux était à terre et le jeune homme en profita pour donner des coups de pied dedans avec fureur.

Sous les hurlements indignés du libraire, il fut forcé de déverser sa colère sur autre choses que ses journaux. Les flics l'amenèrent au poste pour dégradation où il séjourna toute la journée en tentant de se convaincre que tout ça n'était qu'une mauvaise blague ou un mauvais rêve mais les faits étaient trop conséquents pour ne pas être pris au sérieux. Son portable ne cessa de sonner durant la journée de beaucoup de numéros inconnus, d'appels de ses frères et s½urs qui étaient restés silencieux depuis son départ même lorsque Lily avait succombé. Ils savaient maintenant qu'il leur avait menti, il craignit alors les voir débarquer à Londres pour lui réclamer de l'argent et des explications digne de ce nom. Il espérait de toutes ses forces qu'ils ne parviendraient pas à leurs fins. Il ignora également les nombreux appels de Ron et de ses amis qui étaient à présent également au courant. Il n'avait plus aucun semblant de vie privé songea-t-il avec amertume. Il soupira en se rappelant qu'aucune photo compromettante n'avait été publiée ce qui était le seul côté positif de la situation. Il décrocha lorsque Sirius lui téléphona en fin d'après midi pour le réconforter.

Harry attendait le coup de fil de Drago lui annonçant qu'il ne voulait plus jamais le revoir, que tout était fini, mais il ne vint pas.

Il songea que lui-même aurait pu essayer de le joindre mais il n'avait pas suffisamment de force pour entendre la fureur de son amant l'accabler de reproches. Au fond de lui, il ne voulait pas que Drago l'appelle car s'il rompait au téléphone, il ne le reverrait jamais et cette idée le fit frissonner de peur.

En dix-huit ans, il ne s'était jamais senti aussi peu sûr de lui, aussi mal, même après tout ce qu'il avait enduré. L'idée même que Drago le quitte était insurmontable maintenant qu'il s'était tant attaché à lui. Bien qu'il trouvait cette idée mortellement clichée, il était certain qu'il pourrait en mourir, sans lui, la vie ne valait plus rien. Il était le seul à lui donner un sens.

Il fut autorisé à sortir dans la soirée après avoir payé un dédommagement au libraire qui ne se priverait pas pour aller tout raconter aux journalistes sur ses élans d'agressivité.

Drago l'ayant prévenu le soir précédent qu'il prolongeait son voyage de quelques jours qu'il n'avait pu négocier avec Neville, il décida de ne pas retourner à la villa et de se rendre à l'appartement de son patron après avoir longuement hésité à aller chez Sirius, mais il ne voulait pas devenir encombrant pour son parrain alors qu'il savait pertinemment que Neville se ferait une joie de l'accueillir chez lui.

Lorsque le photographe lui ouvrit sa porte, il lui sourit doucement.

-Je peux rester cette nuit ?

Neville esquissa un nouveau sourire puis se pencha vers l'adolescent et l'embrassa du bout des lèvres. Le jeune homme, qui n'avait plus accepté aucun attouchement de ce genre depuis que Drago le lui avait interdit, se soumit malgré tout à ce léger baiser volé sans le repousser.

-Tu seras toujours le bienvenu ici, Harry.

Ce dernier acquiesça et entra dans l'appartement à la suite du photographe qui dissimula tant bien que mal son sourire victorieux.

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-Tom Jedusor doit bien savourer ma déchéance à l'heure qu'il est, songea Harry avec amertume.

-Ta déchéance ? Nous la joue pas mélodramatique Harry, c'est pas dans tes habitudes, se moqua Neville alors qu'il regardait la télé sur son écran plat géant en avalant un sushi.

Harry le foudroya du regard en se giflant mentalement d'être un tel boulet qui pense à voix haute.

-Pourquoi Tom ferait ça, d'ailleurs ? interrogea le photographe en décrochant son regard de la télé, prouvant son intérêt.

-Il me déteste, répondit simplement Harry.

-Mais nan, tu te fais des idées.

-C'est lui-même qui me l'a dit, rétorqua l'adolescent, irrité, il m'a dit qu'il me trouvait banal, imbu de moi-même et moche.

-Vraiment ?

-Mais je m'en branle, c'est un con.

-Je ne sais pas si je dévoile un secret en t'annonçant ça, mais il m'a dit lui même, le jour où il t'a rencontré, que tu le fascinais...

Harry se tourna brusquement vers son patron, se demandant s'il avait bien entendu.

-Il m'a posé beaucoup de questions sur toi, il semblait très intrigué et dis toi qu'il est rarement intéressé par autre chose que lui-même.

Harry sourit à cette idée lui qui avait cru en l'indifférence de Tom, ce retournement de situation apaisa légèrement sa colère qui ne le quittait plus depuis le lundi matin.

-Alors c'est qu'il est jaloux, se dit-il plus pour lui que pour Neville.

Et dire qu'il avait cru qu'un jour quelqu'un finirait par le trouver insignifiant, il s'était sous estimé lui même.

-Tu ne manges pas ?

-J'ai horreur de la bouffe asiatique, grogna-t-il avant de retourner vaquer à ses pensées.

Neville préféra se reconcentrer sur l'écran constatant que le jeune homme était à fleur de peau depuis deux jours.

Drago était resté silencieux durant ce laps de temps ; Harry n'avait eu aucune nouvelle de lui et ne savait même pas si l'acteur était rentré à Londres. Il ne voulait pas retourner à la villa par peur que des paparazzis rôdent autour et n'attendent qu'une chose : le mitrailler à nouveau à coup de flash. Si Drago voulait le voir, il était certain qu'il saurait où il pourrait le trouver. Mais son irrémédiable silence confirmait que l'acteur ne voulait plus de lui et Harry essayait de ne pas se mettre cette idée en tête qui le rongeait à chaque instant.

Le lendemain, Harry reçut un coup de fil de Sirius le priant de passer chez lui dès qu'il le pourrait. Il se résigna alors à sortir de chez lui. Il n'avait pas osé remettre les pieds dehors depuis que sa photo était sur la une de tous les magazines de la ville. À son grand soulagement, il ne fut pas trop embêté par la populace ; à plusieurs reprises, on le montra du doigt ; dans le métro, plusieurs jeunes filles lui demandèrent confirmation de tout ce que l'on racontait sur lui et Drago avec un air menaçant presque risible.

Le quartier de Sirius était toujours pratiquement désert ce qui pour une fois, n'était pas pour lui déplaire.

Il sonna chez son parrain qui l'empêcha d'entrer lorsqu'il fut arrivé à son étage.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-Avant que tu n'entres, je veux que tu saches que je n'y suis pour rien...

Harry, qui n'y comprenait rien, tenta d'obtenir une explication digne de ce nom mais Sirius lui fit signe de se taire et le laissa entrer dans son appartement où un jeune homme et une jeune fille étaient installés au milieu du salon, un verre à la main.

Harry se figea sur place en reconnaissant les deux individus.

-Bonjour, le salua la jeune fille qui n'était autre que sa s½ur ainée.

Son plus grand frère l'imita dans un grognement et Harry se tourna vers Sirius, lui lançant un regard meurtrier.

-Qu'est-ce qu'ils foutent là ! s'exclama-t-il, furieux.

-Je t'ai déjà dit que je n'y étais pour rien, ils ont débarqué ce matin sans prévenir, se justifia l'adulte avec un air contrit.

-Comment ils savaient que tu...

-J'étais en contact avec eux, je voulais savoir s'ils n'avaient besoin de rien. Ce sont les enfants de Lily et James, Harry ! Je ne pouvais pas rester dans l'ignorance.

Harry serra les poings, au bord de la syncope.

-On peut savoir pourquoi tu ne nous as rien dit pour toi et Malfoy ? s'enquit vivement son grand frère.

-Pour pas que vous veniez me faire chier justement !

-Donc, tu vivais dans le luxe pendant que maman et nous, on restait dans notre misérable existence ?

-Je vous ai filé du fric, fit remarquer Harry hargneusement.

-Oh, on doit te remercier alors ?

Harry poussa un soupir désespéré en se passant pathétiquement les mains sur le visage.

-Putain mais cassez-vous !

-Je ne crois pas Potty chéri. Sirius pourrais-tu sortir cinq minutes ? Nous avons quelque chose de privé à dire à notre frère bien aimé, susurra sa grande s½ur.

-Il est chez lui ! défendit Harry, qui n'avait pas la moindre envie de se retrouver seul avec ces deux là.

-Ce n'est rien, je vais vous laisser, accorda l'adulte en sortant.

Harry croisa les bras attendant la suite des événements en affichant un air hautain.

-Crois-moi que pendant le trajet de chez nous jusqu'à Londres, on a eu le temps de lire tous les magazines sur lesquels tu figurais, on a lu beaucoup de version différentes des faits mais aucune ne racontait qu'à la base, et l'on ne sait pas si c'est toujours le cas, avant que tu nous joues les amoureux transis dans Paris, tu vendais ton cul à notre cher Drago national.

Harry sentit son c½ur rater un battement. Il blêmit considérablement et les deux jeunes gens sourirent, triomphants, constatant qu'ils avaient visé juste. Harry s'imagina un scénario terrifiant : ses frères et s½urs racontant à la presse que Drago avait rencontré le jeune ensorceleur en l'engageant à plein temps pour être sa pute de luxe. Harry serait ainsi humilié publiquement, tous ses amis et proches apprendraient le secret qu'il tentait de leur cacher depuis déjà plusieurs mois, en plus d'être humilié lui aussi, Drago n'aurait plus aucun avenir dans le cinéma. Il devait absolument tout faire pour ne pas empirer les choses qui étaient déjà arrivées à un stade assez raisonnable dans l'échelle des désastres.

-Qu'est-ce que vous voulez ? lâcha Harry, pris au piège.

Ils explosèrent d'un rire victorieux puis savourèrent quelques instants l'allure défaitiste de leur odieux petit frère.

-De l'argent, une somme mensuelle qui nous assure un train de vie correct pour nous quatre.

Harry ne fut pas surpris par cette demande. Comment allait-il faire lui même pour s'en sortir indépendamment s'il donnait son salaire à ses frères et s½urs ? Il avait un peu d'argent de côté mais ça n'était certainement pas suffisant pour qu'il survienne à ses besoins. De plus, si Malfoy rompait avec lui, il n'aurait officiellement plus d'endroit où loger. Neville l'hébergerait bien indéfiniment mais il n'accepterait jamais l'idée d'être condamné à vivre avec lui pendant tant de temps. Pourtant il n'avait pas le choix, il était totalement coincé. Il acquiesça.

-Génial ! s'exclama sa s½ur en sautant sur ses talons, bon et bien on va y aller !

Son frère l'imita.

-Si jamais vous parlez à la presse, je saurai d'où la fuite provient et...

-Et quoi ? L'interrompit son ainé, tu nous feras quoi ?

-Moi rien mais Malfoy se fera une joie d'improviser, rétorqua Harry avec un sourire narquois.

Sa réplique les déstabilisa quelque peu, n'ayant ni l'un ni l'autre envie d'être confrontés à ce grand blond imposant.

-On va se réfugier auprès de son nouveau grand amour ?

-Ça le concerne lui aussi à ce que je sache ! s'énerva l'adolescent qui voulait que cet échange s'achève le plus rapidement possible.

-Au fait, Harry, pourquoi ne nous as-tu jamais dit que tu étais une grosse pédale ? Tu avais peur de ce que dirais maman c'est ça ? Heureusement qu'elle ne l'a jamais su...

-La pédale t'emmerde pauvre con, je te signal qu'au moins, elle, elle a pas besoin de faire chanter son frère pour s'entretenir ! répliqua furieusement Harry.

Son grand frère s'apprêta à lui sauter dessus pour lui donner une bonne correction mais sa s½ur le retint durement par le poignet.

-Laisse tomber, on a eu ce qu'on voulait, on se casse, lâcha-t-elle en l'entrainant avec elle vers la sortie.

-J'espère que t'as toujours notre adresse, Potter, parce que si on reçoit pas ton chèque dès le premier du mois, on ira tout cafter et ton grand amour n'aura pas le temps de venir te protéger, menaça-t-il sur un ton venimeux.

-C'est ça, tire toi !

Lorsqu'ils furent enfin hors de vu, Harry s'autorisa un soupir las. Si seulement Drago voulait bien lui parler, il pourrait supporter tout ça avec plus de recul mais l'acteur était lui aussi une victime dans l'histoire et il ne pouvait pas lui en vouloir de rester dans le silence...juste un temps. Si cela continuait à ce rythme, il ne pourrait plus supporter son absence et encaisser sans s'écrouler les coups qui lui tombaient dessus depuis plusieurs jours.

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-Harry ! Enfin ! Comment ça va ?

-Comment ça va ? Tu meurs pas d'envie de me poser des questions bien plus importantes que ça, Ron ?

-Mais nan, je...Comment t'as fait pour rencontrer Drago Malfoy ? Et être aussi proche de lui ? Ne me dis pas que c'est de ce mec là dont tu me parlais quand tu envisageais un potentiel petit copain ? Et par pitié, rassure-moi sur le fait que tu n'es pas un ensorceleur qui transforme les hétéros en pédés et que...

-Ron, grommela Harry, ta gueule tu veux.

Il savait que son meilleur ami avait un millier de questions à lui poser et il ne pouvait pas lui en vouloir. Si leur place avait été inversée, Harry aurait aimé savoir ce qui était le vrai du faux et la raison de tous ces mensonges.

-Je te promets de tout te dire mais avant ça, je veux que tu me dises si tu as oui ou non parlé de Sirius à mes frères et s½urs.

Harry avait toujours l'amère impression que son parrain l'avait trahi en communiquant avec sa détestable famille. Combien de fois lui avait-il raconté à quel point il les haïssait tous autant qu'ils étaient et qu'il ne voulait plus jamais avoir à faire à eux. Mais une partie de lui refusait de croire que tout était de sa faute. Il était plus facile pour lui d'en vouloir à Ron plutôt qu'à Sirius qu'il ne connaissait que depuis peu et qu'il avait appris à apprécier réellement.

-Bien sûr que non ! Je te jure que je ne leur ai parlé de rien.

Harry savait facilement détecter les mensonges, surtout lorsque cela concernait son meilleur ami, et même s'il ne pouvait pas le voir, sa voix sincère le convainquit.

-D'accord.

-Pourquoi tu me demandes ça ?

-Rien, t'inquiète. Alors, qu'est-ce que tu veux savoir ?

-Mais tout ! Tu sors réellement avec Drago Malfoy ?

-Plus ou moins. Je couche avec lui surtout.

Il entendit le rouquin étouffer un bruit étrange et préféra ne pas en connaitre la signification.

-Mais c'est un truc de fou ! Tu baises avec Drago Malfoy ! Mon meilleur ami connait et baise avec Drago Malfoy !

-Je crois qu'on a compris l'idée, marmonna Harry.

-Mais des gens tueraient pour être à ma place !

-Pfff.

-Mais alors t'es vraiment allé à Hollywood, à Paris et tout ça ? Les photos...c'était des vrais ?!

-Nan nan, tout est truqué. Ils sont allé chercher un pauvre type au hasard et l'ont collé à côté de Drago Malfoy en pensant que ça pourrait le faire, surtout à la une des journaux, ironisa le brun avec une pointe d'agacement

Il y eut un petit silence durant lequel le rouquin tenta vainement de saisir ses dernières paroles et de leur trouver un sens.

-Mon Dieu, t'es vraiment allé dans ces destinations de rêves avec Drago Malfoy...T'es vraiment un enculé de veinard, ma parole !

-Ça aurait été vraiment génial si le lendemain ma gueule n'était pas en couverture de tous ces putains de torchons.

-Ouais, on va dire que ça compense avec tout le reste.

-Ron, officiellement, Malfoy et moi, on est juste ami ok ? Il n'y aucune photo compromettante qui nous empêche d'affirmer ça. Donc tu fermes ta gueule sur ce que tu sais.

Harry tenta vainement d'oublier la petite voix qui lui susurrait sournoisement : "encore faudrait-il que Drago daigne t'adresser la parole."

-Je dirai rien. Mais t'es quand même un enfoiré de m'avoir caché tout ça, t'avais peur que je cafte c'est ça ? Vive l'amitié !

-Ron...

-T'as intérêt à tout me raconter dans les moindres détails si tu veux que je te pardonne.

Harry décida d'improviser une vérité un peu approximative en effaçant toute la partie où il avait dû se prostituer, racontant qu'il avait connu Drago grâce à Neville. Il aurait été capable de tout pour que cela puisse être véridique et que les évènements se soient déroulés de cette façon.

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Une semaine s'était écoulée et Harry restait toujours sans aucune nouvelle de Drago. Il sentit le désespoir l'envahir peu à peu, perdant espoir au fil des jours qui s'écoulaient sans lui. Il s'était plus ou moins installé chez Neville qui était de très bonne humeur ces derniers temps. Il tentait parfois de l'embrasser lorsqu'Harry paraissait plus désespéré qu'à l'ordinaire mais celui-ci ne se laissait plus faire et le repoussait sans ménager sa force. Tant que la voix de Drago ne lui confirmait pas clairement que tout était fini, Harry restait dans l'espoir.

-Je crois qu'il va falloir que je me saoule ce soir, annonça l'adolescent qui ne supporterait pas une énième soirée à broyer du noir.

-Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, Harry, nota Neville toujours scotché devant son écran de télévision.

-Parce que tu crois que je vais subir une nouvelle fois tes émissions de télé de merde sans me bourrer la gueule ? cingla-t-il durement.

-Tu veux que je change de chaine ?

-Va te faire foutre, Neville. Je déteste regarder la télé, c'est pour les beaufs et les cons qui n'ont rien à foutre de leur vie.

Le photographe soupira.

-Que veux-tu alors ?

-De la vodka.

-Très bien, t'as gagné, je...

Il fut interrompu par la sonnerie qui retentit dans tout l'appartement.

-T'attends quelqu'un en plus ? grogna l'adolescent qui n'avait pas la moindre envie de voir qui que ce soit.

-Non, j'ignore qui c'est. Reste là, je vais ouvrir.

-Où veux-tu que j'aille connard, marmonna le brun exaspéré pour un rien ces temps-ci.

-Harry ! appela Neville de l'entrée, je pense que tu ferais mieux de venir.

Le jeune homme grogna mais se résigna à lever ses fesses, longea le long couloir puis se retrouva devant Neville plus mécontent que jamais en compagnie de...Drago.

Il était habillé d'un long manteau noir raffiné qui le rendait élégant et sexy au possible. Il se tenait nonchalamment contre la porte d'entrée, attendant visiblement que quelque chose se passe. Harry sentit les battements de son c½ur accélérer et la joie de le revoir après tant d'attente le submerger.

Drago le regarda un instant d'un air impassible puis se tourna vers Neville.

-Pourrais-tu dégager un moment si ce n'est pas trop te demander, lança-t-il sur un ton trainant.

Le photographe le fusilla du regard puis s'éclipsa, furibond. Enfin seuls, Harry se rapprocha de lui, ne sachant quelle attitude adopter.

-Drago, je suis désolé, je...

-Tais toi, le coupa l'acteur avec fermeté.

Harry obéit sachant qu'il était à deux doigts de se faire larguer.

L'acteur se détacha de la porte d'entrée, fit deux pas pour être plus proche de lui, puis doucement, se pencha et l'embrassa. Et Harry s'embrasa, songeant que l'acteur voulait sûrement un dernier round avant de le laisser tomber, il enroula ses mains autour de sa nuque pour mieux le sentir contre lui...une dernière fois. Si c'était vraiment le cas, Harry désirait prendre tout ce qu'il pouvait pendant qu'il était encore temps. Leur baiser devint plus fougueux et plus impatient que jamais. L'adolescent se mit à enlever le grand manteau de l'acteur qui parut surpris par son ton désespéré. Son amant avait-il peur qu'il le quitte ? Pourtant Drago n'en avait pas la moindre intention, il s'était résigné depuis peu, vivre sans Harry lui était maintenant inconcevable bien qu'il n'oserait jamais le lui avouer. Comme pour le lui prouver, il lui rendit ses baisers avec ardeur et le laissa prendre le contrôle de tous ce qu'il entreprenait. Harry passa langoureusement ses mains sous le haut de l'acteur qui gémit à ce contact brûlant mais l'adolescent ne resta sage qu'un temps, en à peine quelques instants, ses mains se frayaient déjà un chemin jusqu'à son pantalon puis jusqu'à son caleçon.

Drago cria presque en sentant la main fraiche de son amant sur son sexe palpitant, oubliant totalement la présence de Neville quelque part dans l'appartement. Harry amorça alors de long vas et viens sur la virilité plus que réceptive de Drago. L'adolescent aimait tant lorsque l'acteur se livrait à lui aussi librement dans leurs moments les plus intimes.

Collé au mur, en sueur, les yeux scintillants, gémissant, Drago Malfoy était devenu la chose la plus magnifique au monde aux yeux de Harry qui continuait à le masturber comme si sa vie en dépendait ne pouvant s'ôter de la tête que le blond allait finir par le larguer très prochainement.

-Je t'ai manqué ? demanda l'adolescent tout en accentuant ses vas et viens langoureux.

Drago grogna et Harry décida de le faire languir jusqu'à ce qu'il obtienne une réponse. Il réduit la cadence de ses vas et viens et l'acteur gémit de frustration alors qu'il se sentait venir.

-Je t'ai manqué ? répéta le jeune homme brun, mi mutin mi sérieux.

-Oui..., souffla Drago dans un murmure pratiquement inaudible mais qu'Harry avait parfaitement entendu.

Son c½ur se mit à palpiter encore plus vite, il se colla un peu plus contre lui et se mit à l'embrasser avec plus de vivacité tout en recommençant à le masturber jusqu'à ce que l'acteur soit foudroyé par un orgasme violent.

Vidé, il se reposa quelques instants sur son jeune amant le temps de reprendre sa respiration puis il le repoussa un peu en se rajustant du mieux qu'il put. Il lui souffla un bref "merci" et reprit sur un ton sérieux comme si rien ne s'était produit entre eux quelques minutes plus tôt :

-Je suis content que tu ne sois pas revenu à la villa, les paparazzis n'arrêtent pas d'épier le moindre de mes déplacements.

-Je suis vraiment...

-Écoute, je ne veux pas de tes excuses. Tu n'y es pour rien dans tout ça, j'aurais dû prendre plus de précautions. T'emmener avec moi était une grossière erreur.

-J'ai aimé chaque minute de cette grossière erreur ! s'enflamma Harry.

-Là n'est pas la question et tu le sais. Ma carrière est en jeu, je ne peux plus me permettre ce genre de virée.

-J'étais sûr que tu venais pour me larguer, j'ai même cru que tu n'aurais pas les couilles pour me l'annoncer en face.

Drago fronça les sourcils.

-Je ne suis pas venu pour te larguer, Potter. Je suis venu émettre des conditions.

Harry croisa les bras, irrité.

-Je t'écoute.

-Mon image en a prit un sacré coup mais mon agent m'a dit que toute cette histoire pouvait vite être réglée étant basée sur des photos peu révélatrices et sur beaucoup de suppositions. Je vais tout faire pour que les médias oublient nos escapades.

Harry redoutait la façon dont il allait s'y prendre pour que tout le monde l'oublis, il se sentait de plus en plus enragé, ce connard ne pensait qu'à sa carrière et à l'image que pouvait avoir les gens de lui, mais lui ? Y songeait-il ? De tout ce qu'il devrait dire à ses amis, son coming-out violent, le chantage de ses frères et s½urs, la sensation d'être épié par tous ces gens qui le haïssaient pour avoir ainsi perverti leur acteur favori, toutes les horreurs qu'il avait lues sur son compte. Non, le blond semblait s'en foutre éperdument. Lui seul comptait dans l'histoire. Il avait décidé qu'il n'y aurait qu'une seule victime dans l'affaire et que ce serait lui.

-Tant mieux alors, se contenta de répondre l'adolescent, refoulant sa colère et sa ranc½ur.

-Mais je ne dois plus commettre aucun faux pas, si je veux pouvoir continuer à te fréquenter, il faudra que tu restes dans l'ombre et que l'on ne se voit plus en public.

La situation devenait totalement surréaliste et emplissait Harry d'une tristesse indescriptible. Il se força néanmoins à ne pas craquer.

-En gros, tout ce qui compte pour toi, c'est qu'on continue à baiser, résuma l'adolescent sur un ton neutre, dissimulant tant bien que mal le désespoir qu'il ressentait.

Le blond fronça les sourcils, froissé.

-Tu crois vraiment que si c'était le cas, je me donnerais tout ce mal pour continuer à te voir ?

-Mais je suis quoi alors si je ne suis pas un cul que tu aimes enfiler régulièrement ? Ton petit ami secret ? cingla Harry, sèchement.

Drago grimaça mais sut qu'il devait faire une compensation s'il ne voulait pas risquer de le perdre.

-C'est exactement ça.

Harry resta décontenancé : Drago venait d'approuver qu'il était son petit ami, chose qu'il avait toujours évitée depuis que leur relation était devenue plus ou moins sérieuse.

-C'est ça ou rien, je tiens à ma carrière.

Le jeune homme acquiesça ne se résignant pas à lui demander de faire un choix entre sa carrière et lui. Il ne pouvait pas risquer de le perdre alors qu'il faisait tout pour que leur relation ait lieu, il l'aimait trop pour ça. Il se rapprocha de lui et l'embrassa pour s'assurer que tout cela en valait vraiment la peine. Lorsque Drago mordilla sa lèvre inférieure pour se frayer un chemin dans son antre humide et venir taquiner sa cons½ur dans un ballet brûlant, Harry comprit qu'il renoncerait à tout pour ne pas perdre cet homme et ces instants magiques qu'il lui prodiguait.

-Il faut que j'y aille, fit-il la voix légèrement rauque.

Le jeune homme approuva, préférant rester silencieux.

-Je vais te trouver un appart', tu n'auras rien à payer rassure toi, en attendant reste ici, d'accord ? fit Drago qui savait combien le fait de lui prier de rester près de Neville lui coûtait.

Harry se contenta de l'embrasser à nouveau, ne voulant pas qu'il le quitte tout de suite après tous ces jours de silence oppressant.

-Harry..., tenta Drago en le repoussant à contre c½ur, il faut que j'y aille, je...

L'adolescent attaqua à nouveau, emprisonnant dans un baiser voluptueux ses lèvres si tentatrices. Drago tenta à nouveau de se dégager de son étreinte mais Harry tint bon et le blond se laissa aller à cette étreinte passionnée. À lui aussi, il lui avait manqué. Lui aussi ne pouvait se passer du garçon. Il lui rendit alors chaque baiser, chaque caresse, chaque gémissement ardent puis Harry se résigna enfin à le laisser partir, sa présence lui manquant déjà lorsqu'il eut disparu.

Il posa son front contre la porte un moment et soupira.

-Quel connard ! Mais quel connard ! jura Neville en apparaissant furieusement.

-Tu as entendu ?

-Évidemment ! J'ai bien failli venir lui en foutre une mais peut-être que son attitude de connard en puissance va bien finir par te faire retrouver la raison.

L'adolescent resta silencieux.

-Mais comment a-t-il pu te demander toutes ses choses en te regardant dans les yeux...Bon Dieu mais quel enfoiré ! Je le hais. Je le hais pour t'avoir mis dans une telle situation, je le hais pour te faire souffrir autant !

-Il aime son métier.

-Et il a assez d'argent pour le restant de ses jours, toi tu es la seule personne qui l'ait jamais aimé, la seule qui s'est accrochée avec autant d'acharnement. Il ne te mérite pas, tu vaux bien mieux que lui.

Harry s'effondra dans ses bras, n'essayant plus de refouler sa colère et son accablement. Les injures de Neville contre Drago l'apaisaient et le mettaient sur les nerfs tout en même temps.

-Je t'avais dit, Harry, que ce n'était pas quelqu'un de bien, qu'il ne pourrait jamais aimer, qu'il te ferait souffrir.

-S'il te plait, tais toi, supplia le jeune homme en enfouissant son visage contre son torse.

-Moi je t'aime vraiment, je ne te forcerais jamais à rester dans l'ombre, je n'ai pas honte de t'aimer.

L'adolescent se dégagea brusquement de son étreinte, se sentant perdu comme jamais il ne l'avait été auparavant.

-Merci de m'héberger. Je vais me coucher.

Il planta le photographe et se dirigea vers sa chambre, se laissa tomber mollement sur son lit et pleura enfin librement sentant tous ces sentiments contradictoires lui embrumer l'esprit et le c½ur douloureusement.

Il détestait pleurer, toute sa vie ou du moins depuis la mort de son père, il n'avait pas versé une larme. Voilà qu'à présent il pleurait tous les deux jours, il se trouvait pitoyable.

Il réussit à dormir quelques heures. Lorsqu'il se résigna à aller travailler, Neville était déjà parti depuis longtemps mais avait préféré laisser dormir l'adolescent qui avait dû avoir une nuit tourmentée.

En chemin, Harry aperçut sur les affiches de publicités d'un kiosque à journaux, Drago en première page, embrassant furieusement une bimbo blonde avec en titre : "Drago Malfoy, pas si homo que ça".

Harry se força à ne pas succomber à sa rage, pourtant il ne put se retenir et envoya un coup de pied rageur dans la pancarte publicitaire qui s'écroula au sol dans un vacarme bruyant. Il continua son chemin en soupirant pour apaiser sa colère puis décida de ne plus y penser jusqu'au soir où il pourrait à nouveau perdre son masque d'indifférence et pleurer librement jusqu'à ce qu'il finisse par accepter ou non son destin avec l'homme qu'il aimait.

Pendant ce temps, Neville, installé devant son ordinateur personnel, contemplait, les yeux scintillants d'éclats victorieux, les deux photos qu'ils avaient réussi à prendre clandestinement de Harry et Drago s'embrassant à pleine bouche contre la porte de son entrée. Ils étaient magnifiques. Sur l'une d'elles en particulier, il émanait d'eux une force primaire et sulfureuse - presque tangible entre leur deux corps, plus évasée autour, mais infiniment présente, implacable pour ses yeux jaloux. Elle illuminait les yeux verts d'Harry plus qu'il n'avait l'espoir de jamais le faire un jour ; elle se reflétait sur sa main blanche et délicate s'attachant à insuffler le plaisir ; miroitait d'une de leurs lèvres réunies à l'autre comme la lumière sur les facettes d'une pierre précieuse, rubescentes, emmêlées. Les doigts de Drago tapis dans la chevelure débordante de l'adolescent. Son souffle grinçant, gémissant, figé, muet. Le corps du brun s'aplatissait sans pudeur contre le torse robuste de l'acteur - et Neville aurait donné n'importe quoi pour être à sa place. Et toujours, toujours, cette indécence compacte que déversaient leurs ébats, tellement virulente qu'il se sentit bander malgré lui, face à ce tableau d'une intense sensualité. Il garderait ces deux photos précieusement pour lui, juste au cas où...

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#Posté le dimanche 01 février 2009 07:27

Bel nuit chap 12

Chapitre 12 : rien qu'une chose à tes yeux ?

Drago fit arrêter sa voiture devant un grand immeuble plutôt chic qu'il connaissait assez bien pour l'avoir fréquenté un certain nombre de fois. Il ordonna à ses gardes du corps de rester dans la voiture, il n'en aurait pas pour très longtemps. Il composa le code de l'immeuble qu'il connaissait par c½ur et monta les escaliers quatre à quatre. Une fureur sans nom lui parcourait les entrailles de façon insoutenable criant libération. Il frappa à la porte violemment et un homme torse nu lui ouvrit. Drago leva les yeux au ciel, exaspéré par le comportement puéril du propriétaire et entra sans dire un mot.

-Miam miam, commenta l'homme à moitié nu, je ne savais pas qu'on avait un invité.

L'acteur traversa le long couloir jusqu'au salon et se retrouva face au proprio.

-Londubat, vire ta pute, j'ai deux mots à te dire, ordonna sèchement Drago en fusillant le photographe affalé sur un siège, une bouteille d'alcool à la main.

-Le mot "pute" dans ta bouche, n'a pas vraiment la même signification pour les autres, Drago, ricana Neville peu impressionné par la menaçante austérité du blond.

Drago lui fonça dessus et lui envoya un coup de poing dans la figure en ne ménageant pas sa force. Neville lâcha sa bouteille sous le coup de la douleur qui s'écrasa par terre dans un bruit sonore. L'homme torse nu, recula, soudain terrifié par ce grand blondinet furax.

-Il m'appartient, connard ! s'exclama Drago sans se soucier du photographe qui épongeait son sang ruisselant de son nez.

-Dans tes rêves ! Il est libre à présent. Grâce à moi, il a un job, un vrai futur.

-Tu l'as manipulé ! cracha l'acteur.

-Pff et toi qu'as-tu fait à part l'avoir baisé ?

Drago lui tomba dessus à nouveau et lui envoya un nouveau coup plus violent encore qui le fit s'écrouler par terre.

-Tu n'es rien pour lui. Finalement, je pense que c'est lui qui se sert de toi. Quand il sera entré dans son école, tu ne serviras plus à rien, il te jettera comme une merde, tu ne le reverras plus jamais et tu te seras bien fait baiser.

-Qui te dit qu'il ne se sert pas de toi également ? cingla le photographe furibond en tentant de se redresser sans grand succès.

-Il m'aime, répondit simplement Drago très fièrement.

L'adolescent le lui avait annoncé pendant leurs retrouvailles. Il lui était toujours difficile d'accepter cette idée et il n'était pas réellement sûr d'apprécier savoir. Du moment que l'adolescent ne lui parlait plus de ses sentiments, il pouvait gérer.

-Je me souviens que tu clamais la même chose à l'époque à propos de quelqu'un d'autre que j'ai finalement réussi à avoir..., le nargua Neville sournoisement.

Drago resta pétrifié sur place, comment osait-il lui rappeler ça ! Le photographe savoura sa réaction puis préféra ne pas revenir sur le sujet.

-Et puis il ne sait pas ce qu'est l'amour, c'est qu'un gamin, lorsqu'il se rendra compte que tu ne peux aimer personne, il se lassera de ton cul et ira voir ailleurs.

Drago décida qu'il se fichait de ce que pensait le photographe. Il se contenta de ricaner.

-Continue à te faire des scénarios si ça te chante, ça ne fait que te rendre encore plus pathétique.

Neville allait répliquer mais Drago l'interrompit :

-Une dernière chose...si jamais tu le touches à nouveau, je te préviens, je te tuerai de mes mains.

Il accompagna sa dernière phrase d'un coup de pied brutal dans le ventre du photographe qui s'étala à nouveau en gémissant de douleur.

-Bonne soirée, ajouta l'acteur, méprisant.

Il tourna les talons, ignorant l'homme torse nu qui était resté en retrait près de la sortie prêt à s'enfuir si la situation dégénérait, puis sortit, satisfait.

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Après une nuit de sommeil plutôt limitée, Drago se sentit émerger doucement. Il tâtonna près de lui à la recherche de son amant mais il se rendit vite compte que celui-ci avait déserté. Cette absence le réveilla plus vite tant il fut irrité d'être ainsi seul à son réveil. Il avait fini par s'habituer à la présence chaude d'Harry dans ses draps le matin et il avait appris à apprécier ces contacts matinaux à leur juste valeur. Il entendit l'eau couler dans la salle de bain et en conclut que son amant se douchait. Il regarda furtivement son réveil et constata avec agacement qu'il était encore bien tôt. Il sortit de ses couvertures en frissonnant et se dirigea vers la salle d'eau un brin furieux. Arrivé à destination, il ouvrit la porte vitrée de la douche et aperçut enfin Harry se noyant presque sous le jet d'eau ruisselant sur son beau visage. Il le contempla quelques instants avec délectation et oublia vite sa colère face à cette vision angélique.

Silencieusement, il se glissa derrière lui et l'encercla de ses bras. Il sentit l'adolescent sursauter contre lui mais l'acteur ne s'en formalisa pas et lui embrassa le cou avidement. Harry frissonna violemment puis se détourna pour faire face à l'acteur. Il esquissa un sourire arrogant puis plongea sur ses lèvres et l'embrassa doucement. Drago ne supporta pas cette douceur bien longtemps et accentua leur baiser afin qu'il devienne plus passionnel. Il plongea dans son cou à nouveau et l'embrassa de mille baisers brûlants. Harry gémit mais le repoussa vite.

-Pas ce matin, Malfoy, il faut que j'aille bosser, j'ai promis à Neville de passer plus tôt, annonça-t-il en tentant de sortir de la douche.

À l'évocation du nom de Neville, la colère de Drago refit surface et il tira brusquement le poignet de l'adolescent pour l'empêcher de sortir et le plaqua durement contre la paroi de la douche.

-Depuis quand tu tiens tes promesses ? s'enquit-il sèchement.

-Depuis que j'ai signé un putain de contrat qui m'oblige à obéir à mon patron ! répliqua Harry sur le même ton.

Il se dégagea fermement de sa poigne et réussit enfin à s'extirper de la douche. Drago, fou de rage, s'appuya contre la paroi carrelée, se réchauffant avec l'eau chaude. Il ferma les yeux pour contrôler sa fureur et resta silencieux quelques minutes, appréciant l'eau qui coulait sur son visage et écoutant Harry s'habiller.

-Tu restes là bas de plus en plus tard, tu pars de plus en plus tôt, il te manipule complètement, lâcha-t-il finalement d'une voix narquoise et assez forte pour qu'elle couvre l'eau afin qu'Harry puisse l'entendre convenablement.

Il y eut un blanc puis l'adolescent surgit, complètement habillé, à l'entrée de la douche, face à l'acteur.

-Il ne me manipule pas ! rugit-il, plein de ranc½ur.

Drago s'amusa de sa soudaine colère.

-Arrête de te mentir à toi-même, mon ange, tu passes tes journées avec lui à obéir aux moindres de ses caprices. Tu es devenu son petit bouffon de service.

L'adolescent se figea à ses mots. Drago ne pouvait pas penser toutes ses choses de lui...n'est-ce pas ?

-Je...je te hais ! cracha-t-il sous le coup de la fureur.

Drago ricana, nullement affecté.

-Oh oui, alors que lui tu l'aimes à en crever à tel point que tu préfères aller jouer le bon petit caniche si tôt le matin plutôt que de t'envoyer en l'air avec moi,répliqua-t-il avec amertume.

-Tu n'es qu'un connard !

Sous le coup de la rage mais aussi du désespoir que son amant puisse le considérer ainsi, Harry se jeta sur lui pour l'embrasser. S'il voulait s'envoyer en l'air et bien soit, il allait être servit mais par pitié, qu'il ne pense plus ça de lui. Il n'était le caniche ni le bouffon de personne ! Il aimait ce que Neville lui faisait faire. Il avait toujours su qu'un jour Drago finirait par lui faire payer son alliance avec le photographe qu'il méprisait et le faire culpabiliser.

L'acteur sourit victorieusement contre les lèvres du jeune homme. Il savait qu'Harry le préférait à Neville mais il aimait se rassurer de temps à autre surtout après ce qu'avait osé proférer le photographe le soir précédent... Il reprit le contrôle du baiser en poussant Harry contre la paroi de la douche. Il lui arracha ses vêtements à présent complètement trempés et Harry se laissa faire en gémissant et soupirant, pourtant même si Drago lui prodiguait un plaisir certain, son c½ur battait douloureusement contre sa poitrine et un besoin pressant de pleurer le submergea mais il s'abstient en contenant ses larmes comme il le faisait depuis toujours.

Il se trouva si piteux sur l'instant.

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-Tu te fous de ma gueule ou quoi ? T'as une heure de retard. Dis-moi ce qui m'empêche de te retenir deux semaines de salaires ? s'énerva Neville une fois qu'Harry fut arrivé au studio.

-Parce que tu m'aimes passionnément et qu'on ne fait pas de telles choses aux gens qu'on aime tant, minauda l'adolescent en enlevant sa veste.

Ses mots énervèrent un peu plus le photographe.

-Harry, j'aimerais que tu arrêtes tout de suite de te payer ma tête, tu n'es pas exactement le genre de personne à avoir le droit de débiter de tels discours.

Le jeune homme encaissa le coup.

-C'est bon, pas la peine de me faire un procès, j'ai eu un empêchement et...

-Oui ! répliqua le photographe en riant d'un rire sans joie, je vois bien quel genre d'empêchement, le genre à écarter les cuisses comme une...

-Mais qu'est-ce qui t'est arrivé ? s'exclama Harry en se précipitant sur lui.

Le photographe ne répondit rien.

-Neville.., chuchota le jeune homme en passant doucement sa main sur le visage de l'adulte où deux immenses hématomes étaient restés de sa dernière confrontation avec un certain blondinet.

Neville ferma les yeux, les caresses de Harry apaisant sa peau blessée encore brûlante.

-J'aime quand tu prononces mon prénom, souffla l'adulte en savourant la douceur des mains du garçon.

-Qui t'a fait ça ? insista le jeune homme, son c½ur battant à cent à l'heure à présent.

Ça ne pouvait être celui qu'il croyait...

-Devine, laissa échapper le photographe dans un murmure.

Non...nonnononon. Drago n'avait pas pu faire une chose pareille. Il repensa à son attitude de ce matin et à la grande fureur qu'il avait ressentie lorsqu'il avait appris qu'Harry avait embrassé Neville. Il éprouva pendant un court instant une certaine satisfaction malsaine à l'idée que son amant puisse être aussi jaloux de Neville, qui fut vite remplacée par une froide colère lorsqu'il resongea que Drago ne pouvait être jaloux puisqu'il ne l'aimait pas. Il le lui avait fait clairement comprendre à son retour, il ne devait rien attendre de lui.

-Je suis désolé, je ne voulais pas ça, je...pardon, souffla Harry en le serrant dans ses bras.

-Je ne suis pas en porcelaine Harry, je n'ai pas besoin de ta pitié, dit le photographe amusé par la réaction inattendue du jeune homme.

Il desserra son étreinte et le regarda dans les yeux.

-Je n'ai pas pitié, je me sens juste coupable, il t'a bien amoché !

-Il m'a pris par surprise, il n'aime pas quand on touche à ce qu'il croit en sa possession mais je sais que jamais tu ne lui appartiendras Harry, déclara Neville gentiment.

Harry se sentit mal à l'aise face à cette déclaration. Il vit l'adulte se pencher pour l'embrasser mais il le repoussa durement.

-Non..., il ne veut pas, je ne veux pas qu'il te fasse du mal à cause de moi.

-Je m'en fiche ! Et arrête de jouer les héros, ça ne te ressemble pas.

-Ce n'est pas du tout ça ! Je ne veux plus le tromper...

-Tu sais très bien que de son côté il ne se gêne pas pour toi ! siffla l'adulte, acerbe.

Harry savait que le photographe avait raison mais il aimait à penser que ça n'était pas le cas.

-Je m'en fou, lâcha-t-il en haussant les épaules, j'en ai marre de passer pour le connard de service.

Harry mentait bien évidemment, il n'avait encore pris aucune résolution afin de devenir un gentil garçon bien sage mais il était fou amoureux de Drago et s'amuser à le tromper avec Neville avait toujours été une petite vengeance personnelle contre lui sachant très bien qu'il ne partageait pas ses sentiments. Mais à présent, il ne voulait plus jouer, ce genre d'attitude le faisait souffrir plus qu'autre chose. Drago n'était pas devenu jaloux comme il aurait souhaité qu'il le soit mais excessivement possessif. Il ne faisait que lui prouver un peu plus qu'il lui appartenait à lui seul comme étant son bien propre. Il n'était rien d'autre qu'une chose aux yeux de l'acteur mais tant que celui-ci voudrait bien de lui, Harry serait là et peu lui importait s'il était traité ainsi, il était amoureux de cet homme et il ne pouvait rien faire pour y remédier.

Neville ne comprit pas les tourments de l'adolescent qui se lisaient si facilement dans son regard troublé ces derniers temps.

-Qu'est-ce qu'il y a Harry ? Pourquoi devenir si respectueux tout d'un coup ?

-Si tu veux tout savoir, j'en ai marre de faire mumuse avec toi.

Le photographe blêmit d'un coup.

-T'embrasser n'a fait que m'apporter la poisse et comme ça n'est pas quelque chose que je considère comme une priorité dans ma vie ni dans notre relation, après tout on ne sort pas ensemble, on ne couche pas ensemble, j'apprécierais que tu évites de foutre ta langue dans ma bouche, annonça-t-il le plus méchamment possible, merci bien.

Il laissa son patron assez étonné par ce revirement de situation. Le photographe sentit un élan de colère violent envers l'acteur qui enchainait son apprenti de la plus sordide des manières et l'éloignait de lui encore un peu plus. Il détesta alors Harry d'aimer ce satané blondinet aussi fort, il ne s'était jamais décidé à y croire mais à présent il avait cessé de se faire de belles illusions...l'adolescent était amoureux de Drago Malfoy.

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-Il est complètement fou de toi, non ? s'enquit Cho Chang un jour où Harry daigna manger avec elle et Katie.

Elles étaient les deux dernières prostituées officielles de Drago puisque ce dernier avait renvoyé Cédric Diggory et Michael Corner à quelques semaines d'intervalles. Harry avait insisté auprès de son amant pour qu'il garde les deux filles, par crainte qu'il s'ennuie s'il restait seul dans ses appartements mais maintenant qu'il y songeait, il ne les voyait presque plus. Il travaillait toute la journée, dormait presque toutes les nuits avec l'acteur et passait ses week-end avec son parrain qu'il avait revu très fréquemment et qu'il avait fini par grandement apprécier.

Pourtant ce week-end là, Sirius Black avait dû reporter leur rendez-vous au week-end suivant par manque de temps libre, ce qui laissa l'adolescent très morose à l'idée de passer du temps avec Katie et Cho plutôt qu'avec son parrain.

-Hé Harry ! Tu m'écoutes ?

-Bien sûr que non, il a des blondinets un peu partout dans la tête, pourquoi s'embêterait-il à écouter ce que tu as à dire ? fit Katie, dédaigneusement.

-Je ne vois pas de quoi tu parles ! répliqua sèchement Harry qui sortit de sa torpeur à l'entente du mot "blondinet".

La jeune fille leva les yeux au ciel.

-Pourquoi es-tu là, Harry ? Tu n'as pas des choses plus importantes à faire ?

-Genre quoi ?

-Genre aller photographier des mannequins -tes semblables- rendre visite à ton journaliste de parrain ou encore baiser avec ton acteur adoré...

Harry ne sut pas vraiment comment il devait prendre cette dernière réplique.

-C'est bon, je me casse, si ma présence te mets tant sur les nerfs...

-NAN ! s'écria Cho Chang en l'agrippant par le bras, reste, on s'ennuit tellement sans toi...

Katie foudroya du regard la jeune fille et Harry ne put s'empêcher de sourire.

-Je te tue si tu oses dire que pour toi c'est l'inverse, menaça Katie furieuse que Cho ait dévoilée leur secret le plus honteux, du moins pour elle.

Elle aimait tant lorsqu'Harry daignait s'intéresser à elles, il leur racontait ses journées si fascinantes, ses histoires de c½urs avec Neville et ses entrevus avec Sirius le parrain débauché mais évitait toujours de parler de Drago. Elle avait bien vu que c'était un sujet sensible et même si, paradoxalement, elle le détestait pour toutes les merveilleuses choses qu'il vivait pendant qu'elle était cloitrée ici, elle évitait de l'énerver ou de lui poser des questions embarrassantes.

-Nan, j'aime bien vous raconter ma vie, se moqua-t-il gentiment.

-Moi j'adore t'écouter, alors avec Neville, il s'est passé quoi dernièrement ? s'enquit Cho sur un ton surexcité.

Katie se refocalisa sur Harry en tentant de paraître totalement indifférente. Harry les regarda toutes les deux et eut soudain un élan de pitié envers elles. Il se rappelait lorsque lui était arrivé à la villa de Drago et que celui-ci ne faisait que l'ignorer. Il s'était tant ennuyé durant cette période, s'était senti si inutile, comme emprisonné. Il n'infligerait ça à personne.

-Vous n'avez pas envie d'être déliées du contrat avec Malfoy ? demanda-t-il finalement.

-Tu veux dire, rentrer chez nous définitivement ?

Harry acquiesça.

-Tu ne peux pas imaginer à quel point. J'ai assez d'argents pour me débrouiller seule à présent mais c'est Drago qui doit décider le jour de notre départ.

-Oui, approuva Cho, et je ne vois pas pourquoi il nous garde d'ailleurs, ça fait tellement longtemps qu'il ne nous a pas touché.

Harry haussa les épaules. Il ne souhaitait pas le moins du monde avouer que c'était sa seule et unique faute si elles étaient encore prisonnières ici, pourtant il se promit d'en parler à Drago dès qu'il le verrait.

Le lundi matin, après s'être douché et habillé, Harry sortit de ses appartements et se dirigea vers la salle à manger, décidé à voir l'acteur avant de se rendre à son boulot. Il pénétra dans l'immense pièce luxueuse. Ce ne fut pas Drago qu'il trouva autour de la grande table en bois massif mais Tom Jedusor, l'ami commun de Drago et Neville et que Harry n'avait jamais apprécié. Drago lui avait appris qu'il le logeait le temps que son nouvel appartement londonien soit prêt à être habitable. Depuis qu'il avait l'information comme quoi ce Jedusor vivait temporairement dans la même bâtisse que lui, il l'évitait comme la peste.

Harry resta planté devant lui pendant quelques instants où il se surprit à le trouver vraiment magnifique, même Drago qu'il avait tout de suite trouvé très attractif alors que ça n'était pas dans ses habitudes de s'attarder à reluquer qui que se soit, lui même surpassant toujours tout le monde niveau physique hors du commun, ce Tom Jedusor avait un visage qui le fascinait et qui l'empêchait de réagir normalement.

-Vous ne mangez pas ? s'enquit-il sans même lui accorder un regard.

Harry se sentit à nouveau agacé par son indifférence totale.

-Nan ! rétorqua-t-il froidement, surtout pas avec vous.

Tom releva enfin ses pupilles dilatées vers Harry et lui accorda un regard moqueur.

-Ça n'est pas la peine d'agresser les honnêtes gens surtout quand ils ne vous ont rien fait à part vous ignorer...

L'adolescent se liquéfia sur place. Une pensée idiote lui vint à l'esprit : pouvait-il lire dans les pensées ?

-Et oui, continua l'homme au visage pâle en se reconcentrant sur son assiette, vous m'indifférez totalement. Et si vous voulez mon avis, on vous porte beaucoup trop d'intérêt pour ce que vous êtes.

Harry fronça les sourcils. Heum...nan, il ne voulait pas de son avis, il s'en fichait complètement !

-Merci bien, lança-t-il hargneusement.

-Mais je vous en pris, répondit gaiement son interlocuteur.

L'adolescent s'apprêta à s'en aller n'étant visiblement pas apprécié mais, intrigué par quelque chose qui lui tourmentait l'esprit depuis qu'il l'avait rencontré, il se résigna à s'asseoir en face de Tom, qui ne fit même pas mine d'être surpris.

-Pourquoi ? l'interrogea finalement Harry en dévisageant son visage parfait.

L'homme leva à nouveau les yeux sur lui et Harry sut qu'il avait compris sa question.

-Parce que vous êtes quelqu'un de totalement commun, arrogant, imbus de vous même, méprisant, et même physiquement, vous êtes d'un banal.

Harry ne s'en formalisa pas, ça n'était pas parce qu'une personne lui disait qu'il n'était pas splendide une fois dans sa vie, qu'il allait devenir laid du jour au lendemain, pourtant il ressentit le besoin de montrer à cet homme si intouchable qu'il se trompait, qu'il était unique en son genre.

-Que trouvez vous à Drago, vous qui avait l'air de l'apprécier ?

Après tout, sa question était totalement plausible. S'il trouvait que les beaux mecs méprisants et arrogants étaient superficiels, il ne voyait vraiment pas ce qu'il pouvait bien trouver à l'acteur.

-Il a de la classe, se contenta-t-il de répondre comme une évidence.

Harry sourit. Ce type était pourtant bourré d'orgueils : Drago était bien plus que ça ! Il était fin, doté d'une grande intelligence, cultivé et très sérieux dans ce qu'il faisait.

-Vous savez qu'il m'a chargé de veiller à ce qu'il ne se passe rien entre vous et Neville lorsque je passerais chez lui ? se renseigna-t-il en guettant sa réaction.

Harry haussa les épaules. Ça n'était pas une surprise, il s'en était douté.

-Je suppose que vous devez penser qu'il se donne trop de mal pour moi.

-Beaucoup trop, en effet, sourit Tom en avalant une gorgée de café.

-Je suis sûr que vous finirez par changer d'avis, annonça Harry avec arrogance tout en se levant.

Tom haussa un sourcil et esquissa un sourire qu'Harry ne vit pas étant déjà parti.

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Harry s'arrêta avec curiosité et surtout avec envie devant une agence de voyage où des photos de destinations paradisiaques ornaient la vitrine. Il n'était jamais sorti de l'Angleterre et avait toujours rêvé parcourir le monde pour changer sa routine mais il avait toujours dissimulé cette envie ne voulant pas être pris pour l'homme intéressé par autre chose que par lui même. Avec le salaire généreux que Neville avait convenu de lui verser à chaque fin de mois, il pourrait se permettre de se payer un séjour à l'étranger pour les prochaines vacances d'été. Ce petit projet le mettait en joie.

-Ça fait rêver hein ? glissa une voix veloutée et familière à son oreille.

Harry sursauta et se retourna vers l'importun.

-Malfoy ?

Il fut très surpris de le voir ainsi dans les rues londoniennes. Il remarqua avec amusement que c'était la toute première fois qu'il voyait Drago à l'extérieur, dans la rue, comme le commun des mortels. Il arborait des lunettes de soleil et une casquette classes qui dissimulait son visage de façon légèrement flagrante étant donné qu'il n'y avait ni soleil, ni pluie. On aurait difficilement du mal à le reconnaitre à moins d'être très près et Harry en déduisit que l'acteur ne voulait pas provoquer une émeute de fan en furies.

-Tu me suivais ? demanda l'adolescent en concentrant à nouveau son regard sur les photos de voyages de la vitrine.

-Tout à fait, je ne peux plus me passer de toi, ironisa Drago, narquois.

Harry resta silencieux et tenta d'oublier cette présence envoûtante si proche de lui.

-Tu n'as pas besoin de regarder ces cartes postales stupides et clichées, fit Drago avec plus de sérieux, je t'emmène une semaine en voyage.

Harry se retourna violemment vers lui. Se moquait-il de lui ?

-Hein ?

-J'en ai parlé à ton cher patron, c'est d'ailleurs lui qui m'a dit que tu te promenais souvent ici pendant ta pause déjeunée.

Harry secoua la tête comme ahuri.

-J'ai une semaine d'avant première pour promouvoir mon nouveau film et je veux que tu viennes avec moi.

Le c½ur du jeune homme s'accéléra sans prévenir.

-Pourquoi ?

-Tu ne veux pas ? s'enquit sèchement l'acteur en évitant sa question.

-Tu déconnes ! Bien sûr que si !

Drago sembla soulagé et son visage s'apaisa.

-Et où va-t-on aller ?

-Los Angeles, Tokyo et Paris, il me semble.

-Tout ça en une semaine ?! s'exclama l'adolescent qui trouvait cette conversation totalement surréaliste.

Drago acquiesça avec un sourire, amusé par l'état d'ahurissement dans lequel était son amant.

-Prépare ta valise, on part demain matin à la première heure, mon ange, souffla Drago sensuellement à l'oreille de l'adolescent avant de s'en aller en trois enjambées.

Harry resta figé devant la vitrine quelques instants avant de réaliser ce que Drago venait de lui annoncer. Il ne put s'empêcher de se demander s'il était entrain de le charrier pour lui donner de faux espoirs mais chassa cette pensée amère et tenta de digérer la nouvelle. Il n'arrivait pas à y croire tant c'était merveilleux. Ces trois villes ne l'avaient jamais réellement attiré, il préférait de loin les destinations au soleil et bien plus exotiques mais sortir de l'Angleterre était totalement jouissif à ses yeux. Il ne pouvait s'empêcher de sourire à l'idée de se rendre en Amérique, au Japon et en France en moins de sept jours. "C'est fou", songea-t-il en admettant qu'il avait une chance inouïe.

Lorsqu'il retourna travailler, Neville avait déserté. Il lui avait seulement laissé un mot l'informant de ce qu'il devait faire pour le reste de la journée avec un "bon voyage" en guise de conclusion qui lui sembla étrangement froide et sarcastique mais il ne s'en formalisa pas, il était de bien trop bonne humeur pour lui en vouloir.

Il finit sa journée avec un sourire collé aux lèvres qui ne l'avait pas quitté depuis l'annonce de son amant. Il arriva à temps pour dire au revoir aux filles qui avaient finalement été libérées de leur contrat. Harry avait fini par formuler sa demande à l'acteur qui avait tout de suite accepter sans la moindre hésitation. Il les avait simplement gardé pour qu'Harry se sente un peu moins seul, ces filles ne le faisaient plus bander depuis un bout de temps, elles ne lui étaient de plus aucune utilité.

Elles le serrèrent dans leurs bras chacune à leur tour et Harry trouva la situation très étrange : il ne s'était jamais entendu avec Cho ne lui trouvant aucune espèce d'intérêt et elle-même avait toujours été très proche de Michael Corner plutôt que de lui et Katie lui avait souvent reproché son comportement parfois agressif et manipulateur qui leur avait valu de nombreuses joutes verbales. Il sembla que tout cela n'avait plus aucune importance pour elles, elles l'étreignirent avec une sorte de désespoir et Harry se força à ne pas éclater de rire tant la scène était pompeuse et un peu trop mélodramatique.

Elles le remercièrent mille fois, lui souhaitèrent beaucoup de réussite et lui promirent qu'elles reviendraient le voir dès qu'elles le pourraient. Harry acquiesça, mal à l'aise devant toutes cette déferlante de bon sentiments à son égard. Lorsqu'elles disparurent de la villa, Harry soupira en pensant que c'était officiel : il détestait les adieux.

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Ils avaient atterri à Los Angeles en fin d'après-midi et Harry avait été impressionné par le jet privé de l'acteur qui était aussi luxueux que sa villa londonienne mais comme à son habitude, il n'en montra rien. La première chose qu'Harry remarqua, arrivé à destination, fut l'accent californien effroyable de tous les habitants, il n'avait jamais rien entendu d'aussi incompréhensible.

-C'est pas possible, les acteurs californiens doivent prendre des cours pour améliorer leur accent, je n'ai jamais entendu ça dans leurs supers films à effets spéciaux, s'exclama-t-il, agacé par l'arnaque.

L'acteur rit de cette remarque.

-Tu râles déjà ?

L'adolescent se renfrogna.

-Moi je trouve leur accent très acceptable en comparaison avec celui du Texas...

Harry avait été effrayé par le nombre de fans en furies qui avaient attendu leur acteur favori à l'aéroport et la façon dont tous ses gardes du corps leur avaient permis de pénétrer dans la limousine avec autant de précaution. Harry avait ricané en constatant que Drago était le genre de star à ne se soucier que très peu de ses fans. Il avait bien vu qu'il s'était forcé à sourire pendant toute la traversé de l'aéroport jusqu'à sa voiture, il n'avait signé aucun autographe ni prit aucune photo avec ses admirateurs.

La voiture les avait conduits dans un grand hôtel particulier encore plus luxueux que la villa de Drago et Harry fit mine de ne pas être impressionné. Plusieurs personnes habillées en uniforme qui se voulaient élégants et qu'Harry trouva grotesques, l'escortèrent jusqu'à sa chambre.

-C'est bon ! Je peux porter mon sac tout seul ! grogna-t-il en voyant les bagagiers se disputer le seul sac qu'il avait emporté pour la semaine.

-Oh non monsieur je vous en pris, laissez nous faire, continua à insister le personnel.

Harry se retrouva donc abandonner dans une immense pièce qu'il était censé considérer comme une chambre, tout seul, Drago ayant été accaparé de tous les côtés par des maquilleurs, des journalistes et toute sorte d'autres bouffons dont il ne connaissait pas la fonction. Il s'installa sur son lit de roi et alluma l'écran plasma qui ressemblait plus à un mini cinéma plutôt qu'à une télé de chambre. Il tenta de se concentrer sur un film ennuyeux pendant vingt bonnes minutes puis il s'agaça en entendant la horde de fan à la fenêtre qui piétinait devant l'entrée de l'hôtel avec la tête de Drago sur des pancartes entouré de longues déclarations d'amour et de petits c½urs ridicules.

Il ouvrit la fenêtre de plus en plus énervé.

-Putain cassez-vous ! Votre acteur chéri est déjà parti par la porte de derrière, vous pouvez toujours continuer à gueuler comme des poules, ça le fera pas apparaitre ! leur cria-t-il.

Des hurlements de rage et d'indignations fusèrent à son égard mais son petit mensonge fonctionna à merveille. La populace se retira malgré la déception qui se lisait sur chacun de leur visage.

Harry sourit, s'impressionnant lui même d'être un tel géni puis se réinstalla sur son lit et continua son film sans grand enthousiasme.

Dans la soirée, plusieurs femmes totalement inconnues vinrent le chercher pour le préparer.

-Mais je n'ai rien demandé ! Je m'en fous si je ne ressemble pas à Brad Pitt, je peux très bien y aller comme je suis ! protesta-t-il très peu emporté à l'idée de "se faire beau".

Les jeunes femmes apparemment désignées pour lui faire une beauté le scrutèrent des pieds à la tête et grimacèrent en constatant le vieux jean troué de l'adolescent.

-Et alors ? s'exclama le jeune homme en voyant leur tête déconfite, j'ai déjà vu Johnny Deep se ramener comme ça à une de ses avant première !

Harry accepta néanmoins de porter la jolie chemise bleu ciel qu'elles lui proposèrent ne tenant pas à passer pour un con devant son amant. Il fut ensuite amené à suivre Blaise Zabini dans une voiture et fut étonné et surtout très déçu de constater l'absence de Drago. Blaise l'informa qu'il était déjà parti devant passer plus de temps qu'eux sur le "red carpet".

Il faisait vraiment nuit lorsque la voiture arriva à destination. Harry fut ahuri de voir tout le monde affolant qui était rassemblé autour du tapis rouges ; des fans par centaine, des photographes et des journalistes par dizaines. Il y avait des gens parfois inconnus, parfois célèbres, tous habillés de façon très chic et qui déambulaient sur le tapis de rouge, se faisant mitrailler de photos, certains acceptant de signer des autographes, d'autre préférant rester distant et simplement se contenter d'un salut de la main. Et puis il y avait Drago. Il les surpassait tous avec sa classe naturelle et son bel ensemble noir qui contrastait tellement avec ses cheveux si blonds. Il était entouré de toute une panoplie de garde du corps et répondait aux questions des journalistes avec réticence et une impatience que seul Harry remarqua.

Plusieurs gars bien costaux l'aidèrent à traverser la foule jusqu'à l'entrée du tapis rouge et Harry put mieux observer les affiches du film de Malfoy qui ornaient les allées. Il resongea alors qu'il n'avait jamais vu Drago dans un film après l'avoir côtoyé. Était-ce différent de voir un acteur jouer dans un film une fois qu'on le connaissait personnellement ? Oui sûrement. Rien que l'affiche du film lui paraissait étrange avec toutes ses retouches sur son beau visage. Blaise lui demanda de le suivre et il obéit sans broncher. Il avança avec assurance ne se sentant pourtant pas pour autant privilégiés de se faire mitrailler par autant de flash. En réalité, il détesta bien vite. Les cris des fans lui firent vite mal au crâne et il fut ravi d'arriver jusqu'au cinéma qui allait projeter en avant première mondiale le nouveau film du célèbre Drago Malfoy.

La salle était immense et déjà un bon nombre de personnes étaient installées, attendant patiemment l'arrivée du héros du jour, se sentant privilégiés comme jamais. Drago arriva un bon quart d'heure plus tard, prononça son discours en compagnie des autres acteurs, du réalisateur et du producteur ; les applaudissements explosèrent dans la salle qui s'éteignit quelques instants plus tard.

Puis le film défila et Harry en apprécia chaque seconde. Il avait pensé juste, il avait eu beaucoup de mal à s'habituer à Drago sur l'immense écran mais avait finalement apprécié. Il n'était sûrement pas objectif mais il avait réellement aimé le film. Il ne s'était pas endormi -une première pour lui- et avait trouvé Drago merveilleux. Lorsque la salle s'éclaira à nouveau, on applaudit l'équipe du film qui se leva pour saluer.

Il suivit Blaise à la sortie où on l'interrogea sur ce qu'il avait pensé du film, il répondit aux questions des journalistes aussi bien qu'il le lui était permis puis on conduisit les spectateurs à une grande réception située non loin du cinéma, censé s'appeler une "after party". Harry fit son possible pour ne pas grogner ni bouder à cette idée. Il participa à la réception avec l'espoir de pouvoir voir Drago au moins une fois dans la soirée pour le féliciter mais l'acteur était bien trop demandé et accaparé pour lui prêter attention.

-C'est qui ce type là bas ?

-Quel type ?

-L'Adonis qui discute avec la bande de vieux, juste à côté du buffet.

Drago scruta alors les lieux dans la direction indiquée par son ami et constata qu'il désignait Harry.

-C'est un ami à moi, répondit le blond en se reconcentrant sur son verre.

Il avait enfin pu se libérer cinq minutes de tous ces parasites de journalistes pour pouvoir discuter avec un de ses amis hollywoodiens.

-Genre, s'esclaffa ce dernier, tu me prends pour un con ou quoi ?

Drago leva les yeux au ciel, lui qui avait tant souhaité éviter le sujet toute la soirée. Il voulait garder secrète sa relation avec Harry. Il était ravi de le voir à la première de son film, le voir faire des efforts pour rester aimable mais il savait très bien que s'il s'approchait de lui, toute l'attention se porterait sur eux et il souhaitait ardemment rester le plus discret possible.

Constatant le silence de l'acteur, son ami continua à rire gentiment.

-Bon et bien puisque ça n'est qu'un "ami", je suppose que tu ne vois aucun inconvénient à ce que j'aille le draguer ici et maintenant ?

Drago sentit son c½ur manquer un battement.

-Aucun, grommela-t-il, peu crédible.

-À tout à l'heure alors ! s'amusa son soi disant ami en se dirigeant vers l'adolescent qui bavardait avec un couple de vieilles loques qui l'ennuyaient depuis une demi-heure avec leurs problèmes de jacuzzi.

-Bonsoir, salua l'homme d'une voix onctueuse en se mettant en face du jeune homme.

Harry le regarda et il reconnut l'homme qui trainait dans les pattes de Drago depuis le début de la soirée. Il chercha l'acteur du regard et le vit qui les scrutait un peu plus loin.

-Euh, bonsoir, répondit l'adolescent ne comprenant pas tout de suite ce qui se tramait.

-Je m'appelle Théo.

-C'est pas très américain ça, répliqua Harry en regardant par dessus l'épaule du dit Théo, le regard inquisiteur de Drago les surveillait ouvertement.

-Mais qui a dit que j'étais américain ?

-Votre accent qui craint...

Théo pouffa mi-surpris mi-amusé par tant d'audace et d'impudence pour un être aussi jeune.

-C'est vrai que vous autres Anglais, vous êtes mieux que tout le monde.

-Je ne vous le fait pas dire, fit Harry avec un sourire insolent.

-J'habite tout près, peut-être qu'après la soirée vous pourriez me rejoindre pour me démontrer les si parfaites compétences des British...

Harry reçut cette demande comme une insulte mais ne le laissa pas paraître. Il se mit à regarder son interlocuteur de haut en prenant son légendaire air hautain.

-En réalité vous êtes vraiment laid, ça fait tache ici d'ailleurs, allez plutôt tenter votre chance auprès de gens qui vous sont accessibles !

L'homme parut très vexé, il pinça des lèvres et mit ses deux mains sur ses hanches en prenant un air menaçant.

-Vous réservez ce petit numéro de caïd à tout le monde ou celui-ci m'est exclusif ?

Harry fronça les sourcils.

-Je ne joue pas moi, si tu veux draguer pour énerver Malfoy, vas trouver quelqu'un d'autre pauvre naze.

Théo le regarda, aussi ahuri qu'énervé mais n'eut pas le temps de rétorquer que Drago surgit de nulle part.

-Ah salut, Potter, tu viens, je vais te présenter à quelqu'un, dit-il précipitamment en l'attrapant par le bras pour l'éloigner le plus loin possible de son ami.

Harry se dégagea de sa poigne une fois qu'ils furent un peu à l'écart bien qu'il eut l'impression que tous les regards s'étaient tournés vers eux.

-C'est toi qui l'a envoyé me faire son numéro de séducteur ? s'enquit l'adolescent, énervé, t'essaye de me tester ou quoi ?

-Bien sûr que non, tu me prends pour qui ? se défendit l'acteur le plus calmement possible ne désirant que très peu provoquer un scandale.

-Pour un connard qui m'a ignoré toute la soirée.

-Tu n'avais pas l'air de t'ennuyer ni d'exiger ma présence.

Harry le fusilla du regard.

-Qu'est-ce que tu voulais que je fasse ? Que je vienne te coller comme tous ces autres blaireaux alors que tu ne m'as pas accordé un regard depuis cette aprem !

-Arrête de te plaindre, tu commences à me saouler. Tu sais aussi bien que moi que je déteste tout ce tapage, pourtant ça fait parti du jeu.

-Et je sais tout ça ! Je veux juste que t'arrêtes de faire comme si tu ne me connaissais pas. Je sais que tu ne veux pas qu'on sache que tu t'envoies en l'air avec moi mais c'est pas écrit sur ma gueule alors tu peux décompresser.

Le visage de Drago s'apaisa. Le garçon avait tout à fait raison. Personne n'était censé savoir qu'ils entretenaient une liaison, il s'était mal comporté avec lui : il l'avait invité à le suivre dans ce pays totalement étranger où il ne connaissait personne pour ensuite le laisser tout seul tellement obsédé que quelqu'un puisse découvrir quelle était leur véritable relation.

-Je suis désolé, lâcha-t-il se trouvant totalement stupide.

-Quoi ? s'étonna l'adolescent n'ayant pas suivit son raisonnement intérieur.

-Viens, je vais me rattraper, fit l'acteur sans s'expliquer d'avantage, je vais te présenter à une de mes amies qui va sûrement beaucoup te plaire.

Harry le suivit un peu dubitatif par son changement d'attitude soudain. Mais il constata au cours de la soirée que l'acteur faisait tout pour rattraper son comportement fuyant ce qui le dérouta quelque peu ne comprenant pas pourquoi Drago se comportait si gentiment. Finalement, la fin de soirée se termina bien. Il s'amusa -pour de vrai- avec les soi disant potes de son amant qui lui ressemblaient grandement tout en se saoulant comme il adorait le faire. Lorsque Drago fut trop bourré pour aligner trois mots, Blaise les obligea à rentrer à l'hôtel.

Arrivé à destination, Drago disparut dans sa partie à lui de l'hôtel sans un bonne nuit ni un mot et Harry se retrouva à nouveau seul dans son immense chambre, se sentant à la fois contrarié par son absence et à la fois satisfait de sa soirée et des efforts qu'il avait fait pour lui.

Tellement éreinté, il tomba raide mort dans son lit, sans même se changer.

Le lendemain, il se retrouva à nouveau seul pendant une bonne partie de la journée, Drago étant obliger d'assister à différentes conférences de presse, séances photo, show télévisés et tout ce qui allait avec. Il aurait adoré y assister mais cela était strictement interdit au public ce qui rendit Harry de très mauvaise humeur. Drago finit par venir le chercher pour l'emmener visiter. Il grogna lorsque l'acteur lui annonça qu'il devait aller faire du shopping sur Beverlly Hills.

-Mais c'est pour les nanas ça !

-Bien sûr que non, répliqua sèchement Drago, vexé, beaucoup de mecs aiment s'acheter des fringues, j'en suis bien la preuve.

-Comment tu fais pour tous les rouler dans la presse ? T'es trop esthétique pour être hétéro !

Harry finit par se laisser conduire dans les rues chics du quartier à contre c½ur. Il apprécia néanmoins les environs, la chaleur ambiante et le beau soleil. Ce genre de temps lui était très rare là où il vivait, l'Angleterre était réputée pour être un pays pluvieux et même en tant qu'Anglais de pure souche, il n'avait jamais pu s'adapter à ce climat humide. Ainsi, chaque ciel bleu le rendait toujours souriant.

Il profita pendant encore deux jours de la météo paradisiaque californienne et même s'il ne supportait pas l'accent local et qu'il s'ennuyait de Drago, toujours accaparé avec toutes ses sorties et rendez-vous, il savoura chaque seconde de son séjour se rendant bien compte de la chance inouïe qu'il avait.

Il dit donc adieu à Los Angeles sans grande joie bien que le voyage ne fut pas aussi excitant qu'il ne l'avait prévu.

Drago s'installa en face d'Harry dans son jet privé avec un air fatigué mais satisfait.

-Qu'est-ce que ça m'a pompé tout ça, soupira-t-il en enfouissant son visage dans ses mains.

-Pourquoi as-tu l'air aussi peu de mauvaise humeur alors ? s'amusa Harry.

Drago ne releva pas et se mit à s'agiter sur son siège comme un petit enfant à qui on va donner des bonbons.

-Parce qu'on va à Paris !

Harry le regarda avec un air...septique mais amusé. Il n'avait jamais vu l'acteur aussi excité pour autre chose que du sexe.

-Euh...et alors ?

Drago leva les yeux au ciel.

-Paris est ma ville préférée, Potter, dit-il comme si c'était une évidence.

-Oh excuse-moi de ne pas avoir lu ta biographie ! riposta l'adolescent, toujours irrité lorsqu'on le prenait pour un arriéré.

-Tu n'as jamais été à Paris ?

-Nan et d'ailleurs, ça ne m'a strictement jamais attiré. On a beau montrer et dire que c'est une belle capitale, ça reste une ville, donc polluée, sale et puante !

Drago parut outré. Harry n'avait absolument rien contre Paris. En réalité, il s'était toujours promis avec Ron de ne jamais y mettre les pieds. Hermione était revenue de son voyage en France pendant les vacances et leur en avait parlé pendant des heures interminablement longues et qui lui étaient encore restées très douloureuses.

-C'est bon, arrêtes de me regarder comme si je t'avais craché à la figure. Dis-moi plutôt pourquoi c'est ta ville préférée.

Harry se concentra sur les paroles de Drago, il avait vraiment envie de le connaitre et l'acteur était si peu bavard quand il s'agissait de parler de lui, qu'il ne pouvait certainement pas rater une occasion pareille pour le faire parler. Et il ne fut pas étonné d'entendre les mêmes paroles qu'Hermione dans les siennes ; oui Paris possédait un essor culturel unique au monde avec des tas de musées et d'expositions fascinantes à ne pas surtout pas manquer et Drago raffolait de tout cela.

-Pourquoi tu n'y habites pas si c'est si merveilleux ?

-Je finirais par m'en lasser alors qu'à chaque fois que j'y vais, je suis si excité et puis les Parisiens ne sont pas non plus les personnes les plus sociables du monde.

-Tu dois vraiment te sentir chez toi alors, ricana le jeune homme.

-Je peux te retourner le compliment...

Harry fut ensuite pris d'une angoissante illumination. Paris était censée être une ville...romantique ? Il eut soudain peur, et si Drago décidait de se la jouer romantique avec lui ? Non ça n'était pas du tout son genre, mais alors cet endroit censé attrouper tous les amoureux du coin ne les rendraient-ils pas mal à l'aise ou trop fleur bleu ? Puis il se rassura en se disant que ça ne devait être qu'un cliché de plus...

Ils arrivèrent dans la capitale de la mode dans la soirée, autant assiégés à l'aéroport par les fans qu'à Los Angeles. Harry essaya alors de se mettre cinq minutes à la place de son amant et songea que sa vie ne devait pas être si merveilleuse que ça : il lui était tout simplement impossible de vivre anonymement, de temps à autres cela devait sûrement être très appréciable de voir tant de gens vous admirer avec tant de passion mais tous les jours, cela devenait totalement insupportable.

Installé dans la voiture, Harry se mit dans un coin et laissa Drago travailler son emploi du temps avec ses conseillers. L'adolescent regardait avec fascination par la fenêtre la ville défiler sous ses yeux avec cette même sensation d'excitation qu'il avait éprouvée à son arrivée aux États Unis.

L'hôtel qui les logeait durant leur court séjour était bien plus classe et bien plus classique qu'à Los Angeles, Harry ne sut pas vraiment s'il préférait cette french touch mais il n'eut aucun doute sur leur accent qui était bien plus sexy que celui effroyable des californiens. Harry tenta trois mots de français pour se la jouer -il en avait rêvé toute sa vie- ce qui attira l'attention de Drago qui eut un sourire discret que l'adolescent ne remarqua pas.

Ce dernier s'apprêta à suivre le personnel pour se rendre à sa chambre mais Drago l'embarqua par la main sans prévenir et l'enferma dans sa propre chambre en claquant la porte au nez de toute sa clique "d'assistants".

-Mal...

L'acteur le poussa sur le lit, les yeux brillants de luxure. Il grimpa sur le lit et se mit à califourchon sur un brun plus que prit au dépourvu. Le blond plongea sur lui pour lui voler un baiser fougueux auquel l'adolescent répondit avec hésitations.

-Ça fait plus de trois jours que je ne t'ai pas touché..., se justifia Drago en retirant son tee shirt.

-Et à qui la faute ? s'enquit son amant un brin agacé.

-Tais-toi, Potter. J'ai envie de toi, lâcha l'acteur en déposant un millier de baisers sur le torse tendue d'un Harry à la fois énervé et excité.

-Et si je ne suis pas d'humeur ?

Drago releva un peu la tête pour mieux le regarder et esquissa un sourire moqueur.

-T'es un gamin de dix huit ans, t'es toujours d'humeur...

Le jeune homme se renfrogna mais l'acteur ne le laissa pas bouder bien longtemps et Harry s'abandonna une nouvelle fois à ses caresses et à ses baisers.

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Ils avaient fait l'amour trois fois dans la soirée et Harry se sentait apaisé comme jamais même s'il avait un peu mal à son arrière train. Ils puaient le sexe comme jamais mais aucun des deux ne semblaient vouloir aller prendre une douche.

Drago soupira, serein, puis attrapa son paquet de cigarette et s'en alluma une placidement. Il tira une bouffée tout en se calant plus confortablement dans les oreillers puis soupira à nouveau.

Harry inspira la fumée ambiante et grimaça. Il détestait l'habitude qu'avait Drago de fumer après une bonne partie de jambes en l'air.

-T'es vraiment gore, lança le jeune homme qui avait pourtant toujours respecté ce geste sans se plaindre.

Drago fronça des sourcils, ne comprenant pas de quoi il parlait tant concentré à tirer sur sa tige enflammée. Harry désigna sa cigarette d'un mouvement de tête en guise de justification.

-La clope après le sexe c'est carrément le pied, Potter, tout le monde sait ça, répliqua l'acteur sur un ton sec qui ne présageait rien de bon.

-Ouais c'est fou, c'est carrément l'orgasme, surtout pour les non-fumeurs, railla vivement l'adolescent n'appréciant guère sa soudaine froideur.

Drago se tourna vers lui, énervé, tira sur sa cigarette et lui recracha toute la fumée en plein visage. Harry fronça les sourcils et tenta de ne pas tousser à l'odeur nauséabonde qui envahissait déjà ses narines. L'acteur lui adressa un petit sourire mauvais.

-Si ça te gène, t'as qu'à te barrer, t'es encore dans ma chambre aux dernières nouvelles, jeta-t-il, venimeux.

-T'es vraiment un pauvre con ! s'enflamma Harry, faut vraiment que tu sois imbuvable quand tu deviens sympas cinq minutes !

Le jeune homme avait tout de suite compris sa subite attitude dédaigneuse : il avait dû se rendre compte qu'il avait été plutôt agréable durant ces trois derniers jours et cela le tourmentait d'être aussi aimable pendant autant de temps.

-Me les casse pas avec tes discours moralistes, dans le même genre, t'es bien pire, se défendit sèchement Drago.

Harry sauta du lit, furieux et se dirigea vers la sortie puis se ravisa et retourna auprès de son amant toujours aussi enragé. Il attrapa sa cigarette des mains et l'écrasa dans le cendrier le plus proche. Il ne laissa pas le temps à l'acteur d'exploser d'indignation et attaqua le premier :

-Va te faire foutre ! cracha-t-il à son amant avant de l'embrasser durement.

Drago lui rendit son baiser avec brusquerie et fougue.

-Mmmh...tu pues maintenant, souffla l'adolescent entre deux baisers.

Drago lui répondit par un grognement puis le retourna et le plaqua contre le lit bien décidé à le punir de le rendre aussi faible et dépendant.

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Pendant ce temps, Neville se dirigea vers une cabine téléphonique totalement isolée, loin de Londres ; il ne voulait absolument pas être repéré. Sa volonté de se venger l'envahissait tellement qu'il ne songea pas aux dégâts qu'il pourrait causer. Il composa un numéro précis et une voix masculine lui répondit.

-Allo ?

-Oui bonsoir, avant que je ne vous dise quoi que ce soit, je souhaite rester anonyme, alors n'insistez pas...

-Entendu, je vous écoute. Auriez-vous une information fondée à nous révéler ?

-En réalité oui, mais je préférerais que vos supers paparazzis la découvrent par eux-mêmes mais je vais tout de même vous mettre sur la bonne voie, je vous en dirai plus en temps voulu.

-Très bien et sur qui...

-Drago Malfoy.

-Vraiment ?

Neville sentit la voix de son interlocuteur devenir surexcitée.

-Il est en tournée de promotion en ce moment, je pense que vous devriez le suivre très attentivement pendant ce laps de temps ; il est accompagné par une personne qui pourrait bien être votre scoop de l'année...

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#Posté le dimanche 01 février 2009 07:26

Bel nuit chap 11

Chapitre 11 : manipulations

Sirius Black...Harry n'avait plus que ce nom familier en tête depuis que Lucius Malfoy l'avait évoqué quelques jours auparavant. Il avait alors entrepris une recherche minutieuse afin de le retrouver et peut-être même pouvoir le rencontrer. Il avait la sensation unique que cette personne était importante pour lui, comme si elle était le dernier membre véritable de sa famille. Peut-être pourrait-il lui parler de son père qu'il avait si peu connu.

Il s'avéra que Sirius vivait près de chez Neville et parallèlement près d'un quartier gay très fréquenté. Se pouvait-il qu'il soit homosexuel ? Pour Harry, Sirius était le prototype de l'hétéro de base, du moins de ce qu'il avait entendu de lui par ses parents : macho, arrogant, cynique, dragueur. Il s'était fait une vision des homosexuels très trompeuse car il se rendait compte qu'il était son portrait craché et cela faisait déjà un moment qu'il se savait un peu homo sur les bords.

Il prit la décision de lui rendre visite dès qu'il en aurait le temps, travailler avec Neville le surbouquant comme jamais il ne l'avait été dans sa vie. Il ne se plaignait pas vraiment. Travailler ne lui avait jamais paru aussi plaisant et il avait réellement l'impression de faire quelque chose de sa vie. Mrs Pakesten, la première qu'il ait photographié à titre professionnel, avait été tellement ravie par ses photos qu'elle les avait invité, lui et Neville, à un cocktail qu'elle organisait en présence de ses nombreux amis influents. L'un d'entre eux était le directeur en personne d'une grande école de photographie londonienne et si Harry arrivait à le charmer, comme il savait si bien le faire, la situation pourrait se retourner en sa faveur l'année prochaine lorsqu'il présenterait son dossier, d'après les dires de Neville. Harry n'était pas totalement emballé à l'idée de se faire aussi effrontément pistonner. Il voulait être reconnu pour son talent et non pour ses charmes, à croire qu'il n'y avait que ça qui intéressait les gens chez lui. Après réflexions et après de nombreux rappels de Neville lui disant que ce monde ne fonctionnait que par le pistonnage et rien d'autre, l'adolescent se résigna à se rendre à cette soirée. Cela ne pouvait que lui être bénéfique après mûres réflexions...

Lorsqu'Harry reparla de Sirius à Neville, celui-ci avait affirmé avoir déjà entendu son nom très vaguement et avait vite changé de sujet avec un air gêné qu'Harry ne comprit pas.

-Et ensuite j'ai fait l'amour passionnément à Corner dans les chiottes d'un vaisseau spatial...

Harry sortit de sa torpeur, ahuri.

-Que...Je te demande pardon ?

-Ça fait dix minutes que je parle dans le vide, c'est génial, j'adore, grogna Malfoy en continuant à fouiller dans son placard pour sortir des tenus et les mettre dans une immense valise.

Harry était assis sur le grand lit du blond et songeait encore à Sirius. Il haussa les épaules l'air de se foutre éperdument que Drago est passé pour un con pendant quelques minutes.

-Je ne vois pas pourquoi je t'écouterais si ce que t'as à raconter ne m'intéresse pas, lança Harry du tac au tac.

Drago leva les yeux au ciel en se reconcentrant sur ses affaires à emporter.

-Ça ne sert à rien d'être vexant, je ne changerai pas d'avis.

La mauvaise humeur d'Harry augmenta. Malfoy avait décidé de partir deux semaines à Los Angeles afin d'assister à plusieurs cérémonies hollywoodiennes importantes. Il l'avait bien évidemment invité à l'accompagner, malheureusement Neville avait refusé catégoriquement qu'Harry prenne deux semaines de vacances. Harry était sous contrat et Neville était son patron. Malgré ses protestations furieuses, il avait dû respecter ses ordres. Il était pour ainsi dire bloqué. Malfoy avait été très mécontent mais n'avait pas bronché, il partirait deux semaines et pas un jour de moins. Harry était tout simplement indigné, il savait pertinemment qu'il pouvait raccourcir son séjour à sa guise mais pour le punir d'avoir choisi de bosser avec un être aussi manipulateur que Neville Londubat, il avait décidé de ne pas lui apporter cette satisfaction. Pour l'adolescent, quinze jours séparés de son amant était totalement insurmontable. Il ne savait pas ce qu'il ferait aussi longtemps éloigné de lui et il lui en voulait de ne pas ressentir ce même besoin qui n'était clairement pas réciproque.

Même s'il était en colère contre lui, Harry ne voulait pas le quitter avant son départ, s'il partait aussi longtemps, il devait profiter de sa présence autant qu'il le pouvait.

-Tu pensais encore à ce mec ? s'agaça Drago en se tournant vers son amant qui semblait plus énervé que jamais.

-Je ne vois pas de qui tu parles ! répliqua l'adolescent d'une voix furibonde.

L'acteur ferma sa valise, rageusement.

-Très bien, si tu le prends comme ça, je me casse, j'en ai ras le cul de tes crises de gamins capricieux ! assena-t-il en prenant sa valise par sa poignée, s'apprêtant à partir.

Harry sauta sur ses jambes et se retrouva contre son amant en à peine quelques secondes.

-Non ! Tu ne peux pas partir comme ça..., fit Harry en s'agrippant à Drago par le cou.

Le visage de l'acteur ne s'adoucit pas pour autant, il semblait frustré.

-Tu t'imagines qu'on pourrait partir tous les deux si ce connard de photographe ne t'avait pas enchainé à lui !

Harry eut un petit sourire.

-Tu n'as qu'à m'enlever...

Drago perdit son air froid et prit le visage de Harry entre ses longs doigts fins. Le jeune homme ferma les yeux afin de mieux se délecter de ce doux contact et frissonna.

-Non, répondit finalement l'acteur avec fermeté, tu aimes travailler avec lui, tu ne dois pas tout gâcher maintenant.

Harry rouvrit les yeux revenant brusquement sur terre se sentant lui aussi plus frustré que jamais. Il n'avait pas le choix. Drago l'attrapa par le menton et posa délicatement ses lèvres sur celles de son amant qui répondit avec une passion certaine. Il resserra ses mains autour de sa nuque pour mieux se coller contre lui et s'imprégner de son odeur avant qu'il ne le quitte pour de bond. Drago relâcha finalement son étreinte, le souffle légèrement saccadé.

-Ne fais pas de bêtises en mon absence, compris ?

Harry haussa les épaules. Il ne voyait vraiment pas ce qu'il voulait insinuer, il avait toujours été un garçon très sage !

-Tu me rapporteras l'autographe de Jessica Alba ? fit Harry narquoisement.

Drago haussa un sourcil.

-Moi qui te croyais gay...

-Bon et bien celui de Dicaprio alors, rajouta le jeune homme, amusé.

Drago lui sourit, prit sa valise et quitta les lieux.

...

Harry resta planté dans la chambre de l'acteur comme pétrifié. Il n'arrivait pas à croire la vitesse à laquelle son amant était parti. Il aurait aimé l'embrasser plus longuement, lui dire qu'il allait lui manquer atrocement, qu'il n'avait pas intérêt à le tromper avec toutes ses starlettes qui allaient lui rôder autour pendant près de deux semaines mais il se faisait moins de souci de ce côté là. Drago lui avait avoué qu'il était plus beau que toutes ces célébrités superficielles réunies.

Qu'allait-il bien pouvoir faire sans son blond pendant autant de jours ? Il avait certes de nombreuses séances photos de prévues avec Neville qui occupaient presque tout son temps mais sans Drago, il allait se sentir très seul.

Il décida qu'il rendrait visite à son parrain dès qu'il le pourrait ainsi qu'à Ron qu'il n'avait pas vu depuis une éternité.

Il vit la limousine de Drago sortir de la propriété par la fenêtre et sentit dès lors, une profonde morosité pointer le bout de son nez.

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L'adresse qu'Harry avait trouvée au nom de Sirius Black, le conduisit dans un quartier assez inquiétant si bien qu'Harry se demanda s'il ne s'était pas égaré. Les rues étaient sordides, les murs tagués et crasseux lui rappelèrent l'immeuble dans lequel ses frères et s½urs vivaient toujours et qu'il avait habité avec sa mère pendant bien longtemps. Il marcha prudemment à travers la brume et l'atmosphère morbide.

-Et mon joli, ça te dit pas une partie de jambes en l'air ? Pour un si beau bébé comme toi, je te fais un demi-tarif, lança un jeune homme au visage séduisant habillé vulgairement.

-Tarif réduit ? C'est plutôt toi qui devrais me payer pour que je te baise, mais à mon avis, c'est pas dans tes moyens, répliqua l'adolescent, acide.

Le jeune prostitué lui fit un signe peu courtois et s'en alla chercher une nouvelle proie. Harry continua à avancer en suivant son plan puis arriva devant un petit immeuble assez lugubre qui était censé être l'endroit où vivait Sirius. Avec un sourire, il vit le nom de Sirius Black à côté de l'interphone de la porte d'entrée. Ils n'étaient que deux à vivre dans cet immeuble ce qui étonna Harry.

-Vous êtes un ami de Sirius ? s'enquit un homme en costard derrière lui.

-Euh...en quelque sorte. Vous êtes...euh...Mr Cled ? fit Harry en vérifiant le nom inscrit en dessous de celui de Sirius, songeant qu'il était sûrement le deuxième propriétaire.

-En effet, tenez, je vais vous ouvrir.

Il tapa un code et la porte s'ouvrit. Ils pénétrèrent tous deux dans le bâtiment.

-Sirius est au premier, fit Mr Cled avec un sourire avant de se diriger vers la porte de son appartement, bonne soirée.

Harry monta les escaliers le c½ur battant, se demandant ce qu'il pourrait bien dire à cet homme.

Il arriva au premier étage -le seul de l'immeuble- et aperçut une immense porte entrouverte un peu plus loin. La lumière provenait de derrière. Il s'avança, les joues en feux et le c½ur palpitant. Il ne prit pas la peine de frapper. Il déglutit en reconnaissant des bruits plus que suggestifs. Amusé, il regarda par l'entrebâillement de la porte et vit un homme complètement nu, aux cheveux aussi noir que les siens, de dos, chevaucher un autre homme au milieu de la pièce, à même le sol. Sirius devait être l'un d'eux se dit-il.

Pas plus gêné que ça, Harry pénétra dans l'appartement. Les deux amants ne le remarquèrent pas, trop concentrés dans leurs ébats sauvages. Harry les contempla un moment se sentant bander malgré lui. Ses deux mâles baisaient presque comme des animaux et cela les rendaient terriblement excitants. Le jeune homme sourit en se demandant si Drago et lui ressemblaient à ça lorsqu'ils faisaient l'amour...

Attendant patiemment qu'ils aient terminé, il scruta les lieux assez intrigué. L'appartement ne comportait qu'une spacieuse pièce avec un vaste lit un peu plus loin, une luxueuse cuisine près de l'entrée où il se trouvait et à l'opposé de cela, un grand salon. La pièce transpirait l'argent à plein nez. Tous les meubles et objets n'étaient que luxes et esthétiques. Cela contrastait tant avec le quartier dégradé dans lequel il se situait.

Harry s'agaça. Pourquoi tous les gens qu'il fréquentait depuis quelque temps étaient aussi riches ?

Les deux hommes poussèrent un gémissement plus bruyant et Harry devina qu'ils avaient bientôt terminé.

Harry grimaça, se demandant s'il avait bien fait de venir finalement.

L'homme aux cheveux noirs se redressa le premier et Harry le vit très nettement retirer son préservatif, à présent hors d'usage, de son sexe et le jeter dans une poubelle un peu plus loin pour ensuite se tourner vers lui.

-Putain, je croyais avoir fermé la porte pourtant, finit-il par dire sur un ton agacé.

Harry devina que l'homme aux cheveux corbeaux devait être le maître des lieux et parallèlement Sirius Black.

-T'es qui toi ? Mon prochain coup ?

Harry fronça les sourcils. Lucius Malfoy avait dit vrai en l'informant que le meilleur ami de ses parents était le pire débauché qui soit. Il l'observa minutieusement. Il était grand, assez mince, le torse finement musclé avec de grands yeux noirs. Il devait reconnaitre qu'il était assez séduisant surtout qu'il devait se rapprocher de la quarantaine si ce n'est plus.

Sirius se rapprocha de lui, nullement gêné par sa nudité flagrante. Une fois qu'il fut assez près de lui, il se stoppa net, interdit.

-James ?!

Harry fut surpris. N'était-il pas un peu jeune pour être son père ?

-Pas exactement...

-Évidemment, je n'ai jamais cru en la résurrection.

-Vous saviez qu'il était mort ? s'étonna Harry qui ne se rappelait pas avoir vu cet homme à l'enterrement de son père.

-Il était mon meilleur ami ! s'énerva Sirius comme offensé.

-Je sais. En réalité je suis son fils.

Les yeux de Sirius s'illuminèrent.

-Lequel ?

-Son plus jeune fils...

-Harry !

-Comment vous...

-De tous les enfants de James et Lily, tu es le seul que j'ai vu naître. J'ai même accepté d'être ton parrain...

-Hé...,s'enquit une voix derrière eux, je peux prendre une douche ?

L'amant de Sirius tout aussi nu, attendait patiemment qu'on s'intéresse à lui.

-Nan ! Ramasse tes fringues et casse-toi ! grogna sèchement Sirius en enfilant un boxer, ce qui ravi Harry qui avait peur que son soi disant parrain soit un exhibitionniste dans l'âme en plus d'être un gros dépravé.

-Viens Harry, fit-il une fois l'amant sorti, en l'invitant à s'assoir au salon, on sera mieux pour parler.

Harry s'installa dans un des fauteuils en face de son parrain qui l'épiait avec intérêt.

-Tu es sacrément bandant dis moi, dommage que tu sois mon filleul. D'ailleurs, tu es plus beau que ton père au même âge et Dieu sait que ton père était vraiment beau gosse, annonça Sirius, tout en continuant son inspection.

Harry ne répondit pas, il n'allait pas faire semblant d'être surpris.

-Mais je suppose qu'on doit souvent te le dire, du moins que tu es un beau mec, ajouta Sirius amusé devant le manque de réaction du jeune homme.

-En effet.

Sirius rit doucement puis se rendant compte de sa tenue très légère, il s'assura prestement :

-J'espère que je ne t'ai pas trop choqué ! Je viens de me rendre compte que mon mineur de filleul vient de me voir baiser avec un homme...

Harry esquissa un sourire franc. Il était vrai que leur première rencontre n'était pas des plus conventionnelles.

-C'est moi qui aurait dû vous avertir de ma venue...

-Je ne voudrais pas t'avoir pervertis en à peine une soirée.

-Ce genre de spectacle ne me choque pas, assura l'adolescent en haussant les épaules, et je suis majeur...

-Vraiment ? Tu fais jeune pourtant.

-Dix-huit piges, c'est jeune.

-Tu fais plus jeune mais bon, passons. Alors dis-moi Harry, comment as-tu retrouvé ma trace ?

-En réalité Lucius Malfoy m'a aidé. Il m'a dit que vous habitiez à Londres et j'ai tout de suite trouvé votre adresse sur internet.

-Tutoies-moi s'il te plait, je ne suis pas si vieux !

Harry acquiesça.

-Lucius Malfoy ! J'ai toujours détesté ce type, comment le connais-tu ?

-Et bien...je connais plus ou moins son fils, se risqua-t-il peu enthousiaste à l'idée de raconter des mensonges.

-L'acteur ? La classe ! Il est beau comme un Dieu. Il est comment en vrai ?

-Euh...il se la pète un peu, fit Harry en songeant avec un sourire ironique quelle tête ferait son amant s'il entendait ce qu'il disait sur lui.

Sirius ricana.

-Mais parles-moi de toi, Harry, tu vis à Londres à présent ? Qu'est devenue Lily ?

Le visage d'Harry s'obscurcit.

-Elle a eu un cancer et...

Harry n'eut pas le courage de terminer sa phrase qu'il préféra laisser en suspend la trouvant assez explicite. Sirius sembla comprendre et lui présenta ses condoléances avec une sincérité grave.

-Que sont devenus tes frères et s½urs ?

-J'ai perdu contact avec eux. Moi je travaille comme apprenti photographe ici.

Sirius lui posa mille et une questions puis ce fut au tour d'Harry qui voulait tout savoir sur ses parents lorsqu'ils étaient plus jeunes, sur son parrain, sur son départ à l'étranger qui les avait empêché de se connaître plus tôt. Sirius était un grand journaliste renommé et il avait dû, pour son travail, être muté en Australie ; il s'y était plu et avait fondé une famille là-bas. Après dix ans de mariage il avait divorcé se rendant compte qu'il était totalement homosexuel et était revenu vivre à Londres, sa ville natale qui lui avait manqué plus qu'il ne l'aurait cru depuis à peine un mois. Il retournerait voir ses enfants très bientôt car ceux-ci lui manquaient.

-J'aimerais passer plus de temps avec toi Harry, tu veux qu'on se voit ce week-end ?

Harry allait accepter, ravi à cette idée, puis il se rappela brusquement qu'il était pris.

-Je ne peux pas, j'ai promis à mon boss de rester travailler tout le week-end et le samedi soir j'ai un cocktail pour mon boulot.

Il avait supplié Neville de le garder le samedi et le dimanche pour qu'il n'ait pas le temps de s'ennuyer et ainsi de moins penser à Drago. Il regretta amèrement cette idée qu'il avait trouvée brillante sur le moment.

-C'est dommage. Une autre fois ok ? Je t'appellerai dès que j'aurai du temps libre, je suis un peu sur bouqué en ce moment.

Harry quitta les lieux avec un étrange sourire collé au visage. Cette petite visite de courtoisie lui avait fait beaucoup de bien. Il avait à présent un parrain, pervers et débauché certes, mais tout de même très sympathique. Il avait la sensation merveilleuse d'avoir à nouveau un membre de sa famille en vie et qu'il pouvait réellement apprécié.

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-Tu peux me dire pourquoi on est là déjà ? grogna le jeune homme arrivé à la grande maison bourgeoise de Mrs Pakesten.

Il se sentait tellement en trop, tellement parasite dans cette foule de gens friqués jusqu'à la moelle. Tous arboraient une tenue chic, un costard pour les hommes, une robe de soirée pour les femmes. L'immense pièce où se tenait le buffet, empestait l'eau de toilette si bien qu'Harry se demanda s'il n'était pas préférable pour tout le monde qu'il fasse demi-tour. Pas qu'il soit intimidé ou impressionné, loin de là, il avait juste le pressentiment qu'il allait s'ennuyer comme un rat mort dans cette fausse aux serpents et lorsque l'ennuie le prenait, il devenait dangereux pour quiconque normalement constitué.

-Pour que tu leur lèches tous le cul et que tu les éblouisses avec ton esprit si clairvoyant, s'amusa Neville en l'entrainant un peu plus dans la foule.

Beaucoup de regards intrigués se tournaient vers eux, Harry les ignora.

-Harryyy !! s'exclama Mrs Pakesten en l'étreignant contre son gré, vous êtes venu !!

"Nan nan pauvre conne, c'est bien pour ça que je ne suis pas du tout en train d'étouffer dans ton étreinte gerbante à souhait..."

Elle le relâcha à contre c½ur et Harry afficha le sourire le plus hypocrite du monde. Il avait tant envie de s'en aller...

-Il faut absolument que je vous présente mon ami Severus, venez venez...

Elle l'attrapa par le bras et il se fit à nouveau entrainer dans la foule. De plus en plus irrité, il se libera de sa poigne. Il savait marcher tout seul nom de Dieu ! Il se fit présenter à un certain Severus Rogue, un homme assez vieux mais impressionnant par sa grande taille et son air sévère inscrit sur son visage qui imposait un respect inévitable. Néanmoins, il parut tout de suite intéressé par Harry qui faisait son possible pour ne pas sortir une phrase stupide qui pourrait le discréditer et ainsi foutre en l'air ses projets de carrière dans la photographie.

-Et vous travaillez avec Neville Londubat m'a-t-on dit, s'enquit le vieil homme sur un ton dur, qui dissimulait tout de même un ton intrigué.

-Effectivement. Je lui dois tout, il m'apprend beaucoup.

-Que photographiez-vous ?

-Un peu de tout mais j'ai une préférence pour les portraits, j'aime les visages, ils sont si inspirants...

-N'est-il pas merveilleux Severus ?! s'agita Mrs Paskesten sur un ton surexcité.

Elle avait suivi leur échange en contemplant Harry avec avidité. Celui-ci continua à charmer le directeur de l'école de photographie renommée pendant encore une bonne heure. À sa grande surprise, il trouva cette conversation privilégiée d'un grand intérêt. Il ne fit aucun faux pas. Plusieurs personnes vinrent ensuite se joindre à eux et commencèrent à mitrailler l'adolescent de questions stupides qui finirent pas le gonfler grandement. Le reste de la soirée se passa ainsi. Près de trois heures plus tard, ses oreilles bourdonnaient et sa tête commençait à tourner sérieusement.

-Neville m'enverra votre travail, Harry, lui annonça le directeur alors que celui-ci s'apprêtait à partir, sa femme accrochée à son bras, je regarderai ce que vous êtes capable de faire puis vous contacterai. J'ai été ravi de vous rencontrer, bonne continuation à vous.

-Merci monsieur, à vous aussi, salua-t-il en lui serrant vivement la main.

Une fois que le vieil homme fut parti, Harry supplia Neville de le raccompagner.

-Retrouve-moi à la voiture, j'arrive.

Enchanté, le jeune homme se dirigea vers la sortie tout en se faisant arrêter toutes les vingt-cinq secondes par ces gens inconnus qui souhaitaient absolument lui dire au revoir. Enfin débarrassé de tout ce monde, il sortit et inspira l'air frais de la nuit.

Il traversa le grand jardin de la propriété et arriva au parking où il repéra la voiture de Neville. Il se cala contre la portière et attendit patiemment. Malgré l'énervement qu'il ressentait pour chacun des blaireaux qui l'avaient harcelé durant toute la soirée, il éprouvait une certaine satisfaction pour son échange avec le directeur. Sa victoire sur lui, lui assurait peut-être un ticket d'entrée pour l'école de photographie à la rentrée. L'idée qu'il puisse y être accepté le rendait euphorique. Neville le rejoignit très peu de temps après, un sourire aux lèvres.

-Tu as été parfait comme toujours ! Rogue a été conquis.

L'ébauche d'un sourire ourla la bouche de l'adolescent, enchanté que son patron le félicite.

-Tous ces gens étaient à tes pieds ce soir, nota Neville sournoisement.

Harry rit un peu.

-Tu caches vraiment bien ton jeu, tu es encore plus manipulateur que moi...

-Oh oui, je suis sûr que c'est ce qui te plait chez moi...

Harry continua à sourire avec malice puis l'attrapa par la chemise et le colla à lui. Neville se laissa faire. Le jeune homme lui attrapa la nuque et l'embrassa sans prévenir. Le photographe n'essaya pas de comprendre pourquoi le jeune homme l'embrassait, il répondit à son baiser sauvagement si bien qu'il en prit le contrôle total tout en enroulant ses mains autour de sa taille pour mieux le coller à lui. Harry se détacha doucement de ses lèvres et reprit son souffle avec ce même sourire mauvais collé au visage.

-Ce n'est pas bien d'embrasser son patron, Mr Potter, c'est même très mal, souffla le photographe, à bout de souffle.

-Oh oui, punissez-moi, railla le jeune homme faussement innocent.

L'adulte sourit, amusé, puis replongea sur sa bouche avidement et l'adolescent gémit au contact de ces lèvres plutôt douées contre les siennes mais se recula prestement lorsqu'il sentit l'érection conséquente de Neville contre sa cuisse.

-Arrête...

Le photographe ne l'écoutait guère. Il plongea dans le cou du jeune homme pour le sentir, l'embrasser, le lécher, tout en pressant son érection indécente contre lui.

-Arrête ! ordonna Harry cette fois très brusquement en le repoussant avec force.

-Pourquoi ? grogna Neville, plus que frustré.

-Parce que je ne veux pas coucher avec toi ! lança-t-il sèchement, maintenant ramène-moi, je suis fatigué.

Neville, blessé, se détacha de lui et entra dans la voiture pendant que le jeune homme l'imitait. Il démarra l'engin sans prononcer un mot. Harry, lui, se contenta de siffloter gaiement en ignorant totalement les tourments de son patron.

Il finit par engager la conversation comme si rien ne s'était passé n'aimant guère rester dans un tel mutisme. Neville lui répondait sans grand enthousiasme, ne se remettant toujours pas de leurs baisers et de la façon dont le jeune homme l'avait si froidement repoussé.

Harry voyait bien que l'adulte avait été blessé par son comportement mais il n'avait strictement aucune raison pour se mettre à culpabiliser. Il avait eu envie de l'embrasser, le voir comme ça, si heureux d'avoir manipulé tout le monde, l'avait excité et puis Neville était beau, il n'allait certainement pas cracher sur ses pulsions. De plus, Drago lui manquait terriblement. Il avait eu envie de décompresser sur le moment et pour lui, il n'y avait aucune ambiguïté en ce qui concernait sa relation avec Neville ; rien de sexuel, juste de l'amusement. Si le photographe ne supportait pas qu'il le repousse, il n'avait qu'à ne pas se laisser embrasser, il savait pertinemment que cela finirait toujours de cette façon. S'il le laissait jouer avec son corps et ses sentiments, ça n'était pas son problème.

Arrivé à la villa de Drago, Harry se rapprocha du photographe et lui embrassa très brièvement les lèvres en guise de bonsoir puis sortit de la voiture sans un mot. Neville passa un doigt sur ses propres lèvres, totalement perdu. Il ne comprenait vraiment pas ce que voulait le jeune homme.

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Arrivé au studio le vendredi matin, Harry était épuisé. Une semaine s'était écoulée depuis la soirée chez Mrs Pakesten. Neville l'avait surchargé de travail pour le punir de s'être si mal comporté. Voilà près de dix jours que l'adolescent n'avait pas vu Drago. Il l'avait bien évidemment vu à la télé, si séduisant dans ses tenues de soirée qui le rendaient élégant et sexy au possible, mais cela était loin de la réalité. Il ne reçut aucun coup de fil, ni aucune nouvelle de la sorte.

-Bonjour Harry, salua Neville.

-Salut.

Le photographe était en compagnie d'un autre homme qu'Harry ne connaissait pas.

-Je te présente Tom Jedusor, un ami de Lycée qui vient s'installer à Londres.

Harry lui serra la main. Ledit Tom était de très grande taille, vers le mètre quatre-vingt-dix, ce qui était assez impressionnant. Il était d'une beauté froide presque inhumaine, avec sa peau encore plus pâle que celle de Malfoy et ses grands yeux couleur carmin. Le jeune homme en resta presque bouche bée.

-Ferme la bouche, Harry, fit Neville, taquin.

Sa phrase le liquéfia sur place. Ce satané photographe avait la fâcheuse manie de l'humilier devant tout le monde ces temps-ci.

-T'inquiète, Tom fait cet effet à tout le monde.

Tom afficha un sourire hautain puis continua à converser avec Neville sans se préoccuper d'Harry qui bouillonnait de rage. Depuis quand l'ignorait-on aussi impunément ? Certes, l'homme était beau mais ça n'était pas une raison pour le regarder comme s'il n'était qu'une vulgaire saleté. Il ne fallait pas oublier que lui aussi ressemblait à un Dieu vivant. Rageur, il ne pouvait pas se mentir à lui-même, ce Tom était somptueux et encore plus indifférent que lui lorsqu'on lui présentait quelqu'un.

-Votre conversation ne m'intéresse pas du tout, lança l'adolescent de but en blanc, insolent, je suis venu ici pour bosser, qu'est-ce que tu veux que je fasse Neville ?

Cette fois-ci, Harry cru voir apparaitre une lueur amusée dans les grands yeux du bellâtre mais cela ne dura qu'une seconde.

-Harry, j'ai une merveilleuse nouvelle ! Severus Rogue...

-Le directeur de l'école de photographie ?

-Exact. Je lui ai envoyé quelques-unes de tes photos, il m'a répondu qu'il était très satisfait et qu'il aimerait que tu présentes ton dossier cet été !

Le c½ur d'Harry manqua un battement. Avait-il bien entendu ? La joie l'envahit de toute part.

-C'est...

Ne trouvant pas les mots, il sauta dans les bras du photographe et l'embrassa fougueusement afin de provoquer ouvertement Tom Jedusor. L'adulte, toujours aussi ravi lorsque Harry l'embrassait avec autant de fougue, le serra contre lui, également très fier de son élève. Harry qui savait que Tom devait les observer, l'entendit siffler quelque chose d'incompréhensible.

L'adolescent se détacha de lui et cette fois-ci, Neville ne tenta rien pour le garder près de lui. Harry ignorait s'il avait compris la leçon de la dernière fois où s'il faisait preuve d'une telle tolérance uniquement pour ne provoquer aucun scandale devant son ami.

-Tu me laisses mon week-end ? J'aimerais rendre visite à mes potes...

-Tu l'as mérité.

Fou de joie par la bonne nouvelle et à l'idée de revoir Ron bientôt, Harry fit sa dernière journée de boulot sans râler, de très bonne humeur même lorsque le Tom Jedusor rôdait dans les parages.

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-Et tu aimerais photographier quoi ?

-Je ne sais toujours pas. Je me spécialiserai avec le temps. C'est à ça que l'école va m'aider.

Harry et Ron étaient chacun installés dans un canapé, au Terrier. Harry avait fait la surprise de son arrivée ce qui avait ravi tout le monde. Les Weasley l'avaient tous félicité pour sa petite victoire sur Severus Rogue et avaient tous été très heureux d'apprendre le retour de Sirius Black dans sa vie.

-Tu sais que j'ai entendu parler de ton Neville Londubat ? C'est un photographe très célèbre. Il a photographié pleins de stars et de personnes assez importantes.

-Oui je sais.

-Mais tu te rends compte du cul que t'as ? Comment t'as fait pour le rencontrer ce type ?

Harry se sentit mal à l'aise. Il n'aimait pas du tout mentir à son ami mais il ne pouvait décemment pas commencer à lui raconter qu'il côtoyait Drago Malfoy, l'information serait trop grande pour qu'il la garde pour lui et il ne pouvait pas lui en vouloir.

-Par hasard, on va dire que je lui plaisais et il a tenu à me revoir mais il s'est jamais rien passé entre nous.

-Pourquoi ? T'es bi et c'est une bombe. C'est quoi le problème ?

Personne ne comprendrait donc pourquoi il n'avait aucune envie de coucher avec Neville ? Même lui n'était sûr de rien après tout...

-Je suis déjà avec quelqu'un.

Il se félicita pour sa répartie. Après tout, c'était une excellente raison.

-Vrai.

-Où est ta s½ur ? demanda Harry qui n'avait pas vu Ginny depuis son arrivée.

-Elle est partie vivre avec son petit copain, grimaça Ron, elle est sûrement avec lui simplement parce qu'il est super riche. Mais en apparence, c'est du sérieux.

Harry ricana intérieurement. Il connaissait Ginny Weasley mieux que quiconque. Si son soi disant petit copain était plein aux as, alors il n'y avait que pour cette unique raison qu'elle était avec lui.

-Si tu le dis...

Le rouquin croisa les bras furieusement.

-Je déteste quand tu laisses tes phrases en suspend, ça suggère que tu en sais beaucoup plus que tout le monde.

-C'est pas un scoop Ronny d'amour, fit Harry narquoisement.

-Pauvre con !

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Ce week-end en compagnie de tous les Weasley, sa famille d'adoption, lui avait fait beaucoup de bien après ces deux semaines de travail acharné. Rentré au bercail, Drago recommença à lui manquer très sérieusement. Il avait hésité plusieurs fois à lui téléphoner mais si l'acteur ne l'appelait pas c'était que de son côté, il l'avait sûrement complètement oublié et Harry ne voulait pas passer pour l'accro de service. Il ne savait pas non plus quel jour exactement il devait rentrer ; pour combler son vide, il regarda des émissions peoples où il était sûr qu'on parlerait de lui.

Le jeudi soir, lorsqu'il rentra de chez Neville, il vit que beaucoup d'employés qui avaient pris des vacances en l'absence de l'acteur, étaient revenus. Beaucoup plus de gardes du corps parcouraient la villa et Harry en déduisit que son amant était de retour. Évidemment il était le dernier mis au courant mais peu lui importait, il allait revoir son amant et même s'il était impatient, une peur irrationnelle lui torturait les entrailles : et s'il s'était trouvé quelqu'un d'autre à Hollywood ? S'il décidait de le quitter dès son retour ?

La limousine entra dans la propriété, tard dans la soirée. Harry se précipita au rez-de-chaussée pour l'accueillir. Son c½ur battait si fort qu'il se demanda si l'on pouvait l'entendre. Les portes s'ouvrirent et enfin il apparut. Toujours aussi fier, toujours aussi droit, toujours aussi beau. Harry frissonna comme un idiot.

Un autre homme pénétra dans la villa et Harry se sentit tout de suite mal à l'aise. Il reconnut le bellâtre, Tom Jedusor. Il lui sembla toujours autant antipathique avec ses airs froids, sa peau aussi pâle qu'un albinos et ses yeux étrangement dilatés.

Drago aperçut Harry et lui fit le plus magnifique des sourires. Harry s'autorisa enfin à respirer normalement ; il s'était encore inquiété pour rien, Drago était ravi de le revoir, il n'avait aucune intention de le larguer. Il fit son possible pour ne pas éclater d'un rire nerveux. Comment avait-il pu autant manquer de confiance en lui ? Qui pourrait plaire à Drago si ce n'est lui ?

-Salut, fit l'acteur sur un ton neutre la présence de Tom le forçant à se retenir de lui sauter dessus pour l'embrasser.

-Salut, répondit Harry qui avait lui aussi du mal à cacher sa joie de le revoir.

Ils se dévisagèrent mutuellement pendant quelques instant où "l'albinos" les regarda chacun leur tour en levant les yeux au ciel : Londres regorgeait vraiment de pédés par centaine.

-Harry, je te présente, Tom, c'est...

-Un ami de lycée je suppose, compléta l'adolescent sur un ton froid, agacé de renouveler cette présentation qui lui avait laissé un souvenir cuisant.

Drago sembla surpris. Il se tourna vers Tom comme s'il attendait une explication. Harry se demanda alors comment Drago avait pu se retrouver dans le même lycée que Tom et Neville étant donné la différence d'âge assez conséquente qu'il y avait entre eux. Tom avait plus un visage de trentenaire comme Neville alors que Drago allait toujours sur ses vingt trois ans. Il décida de remettre cette question à plus tard, lorsque l'occasion se présenterait.

L'homme afficha un sourire mauvais.

-Nous nous sommes déjà rencontrés il me semble, vous êtes le petit ami de Neville, n'est-ce pas ?

Harry se figea, mais de quoi parlait-il ?

Drago fronça les sourcils, cette annonce le glaçant des pieds à la tête. Qu'avait bien pu fabriquer son amant pendant son absence ?

-Non, répondit-il d'une voix sèche, je suis son apprenti, Neville nous a présenté la semaine dernière.

Tom lui lança un coup d'½il noir, n'aimant guère être contredit.

-Je m'en souviens très bien, et vous lui avez même sauté dessus pour lui rouler un patin.

Harry tenta de contrôler son malaise devant Drago qui paraissait furieux. Il se contenta d'hausser les épaules en jouant l'indifférent.

-Neville n'est pas mon petit-ami, affirma-t-il sèchement.

Tom semblait furieux à son tour. Ce foutait-il de lui ou quoi ? Il inspira un grand coup sans insister, décidant qu'il se fichait totalement des histoires de cul de cet adolescent impudent.

-Je vais aller me coucher Drago, merci de m'héberger, inutile de m'accompagner, je connais le chemin, fit-il froidement sans adresser un regard à Harry puis il disparut.

Le jeune homme, ravi d'être débarrassé de lui si rapidement, prit la main de Drago et l'entraîna dans l'ascenseur. Il ignora sa colère et lui sauta dessus pour capturer ses lèvres qui lui avaient tant manquées.

Gémissant, Drago se laissa faire oubliant momentanément qu'Harry osait embrasser d'autres hommes que lui en son absence.

-Tu m'as manqué, tu m'as manqué, tu m'as manqué, répéta inlassablement le brun entre deux baisers fiévreux.

Il se fichait à présent de passer pour le plus accro des deux car c'était sûrement ce qu'il était et sur le moment, il n'en eut aucune honte.

L'ascenseur arriva à destination beaucoup trop rapidement. Drago, toujours aussi énervé par les révélations de Tom, mais aussi très excité, sentant toute sa frustration de ces deux dernières semaines monter d'un coup, souleva l'adolescent avec force et possessivité. Machinalement, le jeune homme enroula ses jambes autour des hanches de l'acteur et continua à picorer son cou pendant que son amant l'amenait à sa chambre.

Drago ferma la porte avec son pied pour y coller Harry brusquement et l'embrasser à nouveau comme si sa vie en dépendait. Harry se contenta de lui rendre ses baisers avec fièvre. L'acteur descendit dans son cou tout en lui en retirant son Tee-shirt avec brusquerie tellement en manque de la peau nue de son amant contre son corps.

-Alors comme ça tu embrasses mon photographe, souffla-t-il entre deux baisers ne cachant pas son irritation.

Les yeux fermés, les mains enfoncées dans les cheveux de son amant, Harry mit un temps avant de saisir ce qu'on lui disait.

-Il...en crevait...mmh...tellement d'envie...mmhh, oh oui...

Drago captura les lèvres de l'adolescent plus violemment à l'entente de cette réponse qui ne lui plaisait guère, -il savait que le brun le provoquait- tout en glissant ses mains dans le caleçon du brun qui gémit plus fort dans sa bouche lorsqu'il les sentit agripper son postérieur avec fermeté.

-Je ne veux plus que tu le touches, murmura l'acteur avec dureté.

-Tais-toi Malfoy et fais-moi l'amour, répondit l'adolescent, insolent.

-Potter...

Mais le brun ne l'écoutait pas, il n'y avait que ses mains dans son boxer qui le torturaient de la plus délicieuse des manières qui comptaient, puis il se sentit soulever du sol et un peu plus coller contre le corps de l'acteur qui le transporta jusqu'à son lit. Voilà quinze jours qu'Harry n'y était pas allé, même ses draps familiers lui avaient manqués. Drago l'allongea et Harry se laissa déshabiller en frissonnant.

-Je ne veux plus que tu le touches, répéta Drago en retirant lentement le boxer de son amant.

-Sois gentil Drago, baise-moi, répliqua Harry avec une petite moue innocente.

Le blond grogna et se déshabilla à son tour, une fois nu, il s'allongea contre le corps tout aussi nu de son amant et frotta sensuellement son érection douloureuse contre celle de son partenaire qui soupira d'aise. Ces contacts intimes et sensuels lui avaient tant manqué, il se sentait si frustré et à la fois si excité.

-Je ne veux plus que tu le laisses te toucher, ordonna l'acteur en lui léchant chaque parcelle de sa peau satinée qui avait un doux goût sucrée.

-Je t'aime, annonça Harry dans un murmure presque inaudible.

Il avait été poussé par une pulsion incontrôlable et ferma les yeux en constatant sa bourde. Il sentit Drago se tendre puis se redresser légèrement afin de mieux le voir.

-Qu'est-ce que tu as dit ? lâcha-t-il, soudain glacial.

-Je ne le toucherai plus, répondit simplement Harry en sentant son c½ur battre un peu plus vite contre sa poitrine.

Il détestait la froideur si dure de son amant alors qu'il venait de lui dire qu'il l'aimait.

-Aimer fait souffrir, Potter. Je t'interdis d'éprouver autre chose que du désir à mon égard.

Il ne répondit pas tout de suite et se contenta de lui embrasser le cou, même si ces mots l'avaient blessé plus qu'il ne l'aurait souhaité, il voulait l'avoir en lui, et maintenant.

-Je t'aimerai en silence alors, murmura-t-il plus pour lui-même, pendant que Drago le préparait convenablement à le recevoir.

Harry poussa un long gémissement sonore lorsque ses doigts le pénétrèrent langoureusement. Il se sentait si excité à l'idée de faire l'amour avec cet homme après une séparation aussi longue, pourtant les mots blessants de son amant résonnaient encore douloureusement dans son crâne.

Il ferma les yeux et cria de plaisir en sentant le sexe de Drago en lui, qui bougeait en lui lascivement dans un rythme effréné et passionné.

-Je ne souffrirai pas pour toi, Harry, souffla l'acteur à son oreille avant d'enchainer avec des coups de reins plus violents.

Harry ondula des hanches pour lui intimer l'envie d'accélérer sa délicieuse cadence. Un orgasme foudroyant les traversa à l'unisson et Drago retomba lourdement sur son amant en se collant à lui avec possessivité.

Harry ferma les yeux et tenta de toutes ses forces de retenir ses larmes de couler. Elles semblaient l'envahir de toute part, preuve irréfutable de sa déchéance.

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#Posté le dimanche 01 février 2009 07:23

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